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Objectif Média Web

cinema fantastique

La maison des damnés (1973)

7 Mai 2018 , Rédigé par Paul Bénédict Publié dans #Cinéma Fantastique

Dans la rubrique, ah, comme j'ai peur, retrouvons un honnête film fantastique.

 

Comme ne le dit pas le titre, non et non la Maison des damnés n'est pas le remake du chef-d'oeuvre de Wise !

 

Et pourtant, c'est ce qui est dit et répété à perdre haleine, si la Maison du Diable (titre impropre, la Maison Hantée serait beaucoup plus approprié) est une œuvre de Shirley Jackson, la Maison des damnés était quant à lui un roman du très célèbre Richard Matheson, vous connaissez l'homme qui rétrécit ou Oméga man (Je suis une légende dont il y eut deux versions cinématographiques avec Charlton Heston, puis Will Smith).

 

Déjà rien à voir, deux univers totalement différents.

 

Le teaser est simple et rappelle celui de la maison du diable, un groupe de personnes en général deux hommes et deux femmes vont s'enfermer dans une baraque à la réputation malsaine, réputation justifiée puisque c'est un véritable abri à fantômes et autres phénomènes plus flippants les uns que les autres.

 

Il se passe alors des phénomènes effrayants et surtout personne n'en sortira intact, du moins, il ne doit rester qu'un survivant pour la Maison des damnés.

 

Bref, un endroit pas cool, vous y enfermez deux médiums, l'incroyable Roddy Mcdowall (Benjamin Fischer) et Pamela Franklin (Florence Tanner), un couple les Barret dont le mari est un scientifique très sceptique.

 

Rien que la bande-annonce n'est pas piqué des hannetons.

 

Le film fut distribué tardivement en vidéo et au fur et à mesure de ses sorties, le film subit la censure, des scènes entières disparurent comme par enchantement.

 

L'instant ou le médium Florence Tanner se fait violer par le fils de Belasco, dans une vision, elle perçoit le corps de celui-ci en décomposition.


Puis, après qu'elle fut écrasée par une croix, on la voit en très gros plan se lacérer les veines, afin d'apporter la preuve de l'identité de l'esprit.

 

Ensuite, lorsque le scientifique Lionnel Barret découvre que sa machine n'a pas fonctionné comme il le croyait et que l'esprit le traîne à travers les longs couloirs de la demeure, en le blessant et l'écrasant contre chaque meuble et objets.

 

À part les habituels poltergeists, séances de transes assez réalistes, vous noterez une attaque de chat noir bien entendu sur le jeune médium Florence Tanner et cette scène ne vous rappelle rien ? Cherchez bien !

 

Si, cette scène est parodiée dans Scary movie 2, qui est un mix hard de l' Exorciste, Hantise et de la Maison des damnés, vous trouverez, la vidéo de la fameuse attaque et puis vous comparez, ah, le chat noir, pour faire un bon film d'horreur, il faut absolument un chat noir.

 

Bon, le film est sorti en 1973, présenté au festival d' Avoriaz, et rien qu'à la vision du film que votre humble serviteur a vu, il a mal vieilli, moins effrayant que le film de Wise, il n'a pas la portée d'un Exorciste, sorti en 1974, terrifiant quant à lui et à qui je consacrerais une chronique.

 

Dès les années 70, le fantastique s'est démocratisé, il est sorti du cadre des vieux châteaux et s'est installé en ville, dans un cadre rassurant et familier, Poltergeist en est un exemple frappant, le fantastique, les fantômes, les hantises peuvent surgir n'importe où et s'attaquer à n'importe qui, plus de vieilles servantes boiteuses gardant de lourds secrets de famille dans un vieux château gothique et Stephen King l'a merveilleusement compris et mis en place dans notre monde moderne qui peut paraître si confortable, mais qui ne l'est pas du tout en fait.

 

Psychose rentre dans le cadre de la peur qui pénètre notre monde, il porte peut- être tous les codes du fantastique, sans pour autant en faire réellement parti.

 

Le producteur du film, James B. Nicholson tira sa révérence six mois avant la sortie du film (en décembre 1972), et personne ne vit une quelconque malédiction, comme il est habituel de le faire, c'était surtout un producteur de films pour les «jeunes» et de série B.

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HANTISE (1999)

18 Avril 2018 , Rédigé par Paul Bénédict Publié dans #Cinéma Fantastique

Oui, remake ta mère, oui, j'ai vu Hantise, comme un toxico qui prendrait un substitut, j'ai pris HANTISE pour de la bonne came et là, j'ai été déçu, le remake raté d'un excellent film.

 

Bon dans cette version, Markway, à l'origine dans le roman, Montague est devenu Marrow, joué par l'impeccable Liam Neeson, professeur à l'université, il convie dans une demeure plutôt lugubre, un groupe de personnes souffrant tous d'insomnie, en fait sous ce fallacieux prétexte, ce n'est pas une étude sur l'insomnie qu'il veut mener, mais sur la peur, car, la maison a la réputation d'être hantée, bref, il veut manipuler le mental des participants, jusqu'ici ça va.

 

Bon que le film soit réalisé par Jan De Bont, un réalisateur de films bourrins, comme Speed 1 & 2, Tomb Raider et Twister (pas mal fait pour ce dernier, avec le regretté Bill Paxton), bref, un mec badass qui aime les effets badass et ne fait pas trop dans la dentelle.

 

Scène de présentation de Nell (Lili Taylor) est dans son appartement avec une approche un peu à la Hitchcock, pas trop mal.

 

Puis, la rencontre de Nell avec la torride Théo (Catherine Zeta Jones), oui torride par rapport à l'autre Théo, celle de 63, la découverte par les deux jeunes femmes de la demeure avec les faux miroirs, les effets d'optique, la salle ou elles marchent sur des livres qui flottent sur l'eau, un début prometteur, très Alice au pays des merveilles et pas exploité du tout dans le reste du film. Shit ! Quel dommage, le réalisateur, le scénariste n'utilise pas l'univers onirique pour nous effrayer.

 

Je passe sur la présence pas dérangeante de madame Dudley à l'inverse de (Bruce Dern) en monsieur Dudley, très impressionnant et inquiétant.

 

Le charismatique Owen Wilson sous-exploité en un Luc Sanderson, plus du tout l'héritier de la baraque de Crain, bon, on s'attendait à un truc bien chiadé, un brin pervers et bien non !!!!

 

Nell est une jeune femme naïve qui gobe la triste histoire des Crain en mal d'enfants, bien raconté par Marrow, la larme à l’œil, les autres protagonistes vite arrivés et surtout vite sortis, des silhouettes, dont on ne sait rien, c'est beau l'art scénaristique.

 

On arrive à la fameuse scène de nuit ou la présence malveillante tambourinant à la porte des jeunes femmes, mais pourquoi la refaire presque à l'identique ? Un remake peut devenir un film à part entière, en s'adaptant à l'époque et à une autre relecture de l'histoire.

 

Mais, De Bont n'est pas un type à y aller en douceur et il filme tout, parce que c'est écrit, si c'est écrit dans le scénario, c'est que c'est bien, Crain devient un ogre, violeur de petits enfants, le type est en mode Émile Louis, la totale.

 

Nell est une descendante de Crain le monstre, De Bont nous montre les fantômes, putain, il nous les montre !!! Franchement, quelle idée de génie pour saborder le film !

 

La chambre de Crain identique à celle de la mère de Nell, le tout présenté avec maladresse, j'ai prié durant tout le film pour qu'il y ait un éclair de génie et bien, non.

 

On peut aussi voir Luke Sanderson déambulant avec son ballon de basket pour résoudre son problème d'insomnie, tout en espérant tiré son coup dans la foulée !!!!

 

Ne voyez pas ce film après avoir vu Scary movie 2, parce que la parodie s'en tire 100 fois mieux que l'original, c'est tout dire !

 

On a droit à un moment gore, la décapitation de Luke Sanderson, au revoir Owen Wilson qui devait avoir un reliquat d'impôt à payer, non, je rigole, par contre, on sent que Catherine Zeta-Jones joue comme si sa vie en dépendait et elle fait des efforts la pauvre, Lili Taylor est formidable, sobre, juste en accord avec Neeson, parfait en Marrow, le professeur bourré de certitudes, qui perd pied et provoque un drame que sent venir Théo, la mort de Nell.

 

Nell, a qui, il n'a jamais téléphoné, il y a d'excellentes idées, mais mal assemblées, totalement à côté de la plaque, on bidouille et De Bont, en fait des tonnes.

 

La scène de fin est celle ou monsieur Dudley arrive au volant de sa voiture avec son reflet dans le rétroviseur, le soleil se lève, et il découvre Théo et Marrow qui sont en état de choc devant la grille qu'ils n'ont jamais pu ouvrir, quel dommage, que le reste du film n'aient pas été aussi naturaliste que l'ouverture et la clôture de celui-ci.

 

Je rajouterais que Lili Taylor est une formidable comédienne, vu dans l'effrayant, le terrifiant et je pèse mes mots : The Conjuring.

 

Depuis 2003, De bont ne réalise plus aucun film, on se demande bien pourquoi, en l'occurrence, il a été l'heureux producteur délégué du film de Travolta : Battlefield Earth, tiré du roman de Ron Hubbard, le père de la Scientologie et qui s'est cassé la gueule au box-office, un nanar de taille, je peux vous le dire.

 

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L'ÉROTISME AU CINÉMA

27 Mars 2018 , Rédigé par Paul Bénédict Publié dans #Cinéma Fantastique

La photo de présentation n'a rien à voir avec le sujet, mais, Diana Rigg, oui, c'est elle, bien avant Game Of Thrones, était vraiment trop belle.

 

Tu vas découvrir un cinéma sans complexe, sans SIDA, sans MST, sans aucun message de préventions sur ta santé mentale ou autre, le cinéma fantastique des années 70 était libéré de tout frein, flirtant avec le X, Brigitte Lahaie aurait pu tout aussi bien devenir l'égérie de film fantastique à l'instar d'une Barbara Steel, mais non, tel ne fut pas son destin, allons, entrons dans le vif du sujet.

 

Chair pour Frankenstein (1973), film inoubliable réalisé par Paul Morrisey, parmi les divers producteurs de ce film, vous trouverez Andy Wharhol et Jean Yanne !

 

Dans le rôle du scientifique fou qui se prend pour Dieu, Udo Kier, acteur fascinant qui n'atteignit jamais le niveau de folie d'un Claus Kinski, mais, en bon artisan de sa profession, au vu de sa longue, très longue filmographie, il a fini par cachetonné chez Michaël Bay (Armageddon), donc total respect.

 

Là, le jeune comte s'ennuie tellement qu'il décide de créer des êtres humains avec l'aide de son âme damnée Otto, pendant que sa femme, la comtesse découvre les joies du prolétariat en fricotant avec le valet qui n'est autre que Joe Dallessandro, vous voyez le délire ?

 

Mais à l'instar de Dieu, qui lui a décidé de tourner dans un autre film, le bon comte (et bon ?) et Otto n'hésitent pas à tuer pour avoir de la matière fraîche.

 

Udo Kier crée Dalila di Lazzaro, qu'il n'hésite pas à violer avec sauvagerie, mêlant plaisir, violence et sang dans la même scène, tout en sachant que son épouse infidèle est aussi sa sœur, dont il a deux enfants, il faut suivre !

 

L'histoire se finit mal, tout le monde trépasse dans des scènes sanguinolentes, du bon gore, le film était en 3D, je vous laisse imaginer la tête des spectateurs, la bande son était aussi amplifiée au maximum pour ne pas en rater une goutte.

 

Après Frankenstein, passons à Dracula, qui ne connaît pas le livre de Bram Stoker ?

 

Un très bon roman par ailleurs, après Bela Lugosi, Christopher Lee, découvrons du Sang pour Dracula (1974), Comtesse Dracula (1971) et Les Sévices de Dracula (1971), alors, ce n'est pas le bonheur ?

 

Du Sang pour Dracula. Notre ami Udo, oui, nous pouvons l'appeler notre ami, est un vampire qui ne peut se nourrir que du sang de vierges, manque de bol, c'est que des pucelles, vu le relâchement des mœurs, il n'y en a plus beaucoup, comme on n'est pas dans Twilight, il ne faut pas déconner quand même.

 

Le pauvre vampire trouve dans un coin paumé, un noble Italien qui accepte son mariage avec l'une de ses filles, ce qu'ignore Draculito, c'est que le jardinier est communiste et qu'il courre après toutes les filles, vous voyez la lutte des classes ?

 

Le beau Jardinier (encore Joe Dallessandro, un acteur très polyvalent, puis surtout pas frileux) dépucelle toutes les filles avec frénésie, plus vite que l'autre qui tente avec mollesse de vous vider de votre sang.

 

Le drame se noue, le pauvre vampire se résoudra à lécher le sang que vient de perdre la petite dernière de la famille que l'autre bozo vient de déflorer, en prime, ce dernier lui défoncera sa race à coups de hache, on s'attendait au moins, au vu de son engagement politique, qu'il ne le tue avec une faucille et un marteau.

 

Pour les deux autres films, des productions de la mythique Hammer, ils ont gardé un cachet très rétro, enfin, c'est ce que je trouve.

 

Comtesse Dracula, une femme vieillissante retrouve sa beauté et surtout sa jeunesse en se baignant dans le sang de jeunes filles vierges de préférence.

 

C'est l'histoire d'Elizabeth Bathory, très connue pour ses plaisirs saphiques et sanguinaires, hélas à part la plastique irréprochable d'Ingrid Pitt, point de vampire dans ce film, un travail soigné, bien filmé, le réalisateur aurait préféré Diana Rigg, vous voyez sa photo et ce qu'on a perdu !

 

Dans Les Sévices de Dracula, le film raconte la fascination d'une jeune fille pour un vampire débauché, fascination que ne partage pas du tout sa jumelle (les rôles étaient tenus par d'authentiques jumelles et playmates, à l'occasion) le seul point commun entre les deux films, c'est l'apparition de la fameuse Comtesse du premier opus, mais, sans hélas Ingrid Pitt et ses formes pulpeuses.

 

Les Sévices de Dracula, le film ne fonctionne que grâce à Peter Cushing (qu'est-ce que l'on ferait sans lui ?) et Michaël Warbeck est le jeune premier, un garçon plutôt énergique, les jumelles se contentant d'être très décolletée.

 

Que peut-on conclure que les temps avaient vraiment changé, le sexe, la nudité s'étaient démocratisés, tout le monde parlait du sexe, les corps se montraient, parfois de trop, dans le contexte du film fantastique, tel que Frankenstein ou Dracula, les mythes sont utilisés pour mettre en avant l'opposition du Christianisme avec la science pour le premier, un homme peut à l'égal de Dieu, donner la vie, oui, mais en ressuscitant de la chair morte, il n'est pas question d'une création, mais d'une modification de celle-ci, si Adam et Eve sont les créations de Dieu.

 

Ces enfants pour Frankenstein, ces créatures sont ces choses et ne seront jamais ces égaux, mais à peine des sous-humains, un père ne viole pas son enfant et c'est pourtant ce qu'il fait, pour Dracula, le sexe pour le sexe, l'amour à mort, le sang si précieux que l'on retrouve dans l'Ancien et le Nouveau Testament, l'alliance avec Dieu, c'est l'inverse.

 

Le vampire n'a pas d'image, il n'a pas d'âme, c'est une enveloppe charnelle et vide, si le Christianisme parle de l'importance de la virginité, que la sexualité n'est faite que pour la reproduction, dans ce cas-là, le vampire est un être stérile, il n'apporte rien, il vole aux autres leurs substances, il n'existe que pour subvenir à ces plus bas instincts et besoins vitaux, sans obéir à l'ordre moral.

 

Le vampire est rarement un pauvre, un gueux, c'est un noble, c'est aussi une allégorie de l'aristocratie qui vivait à une époque du sang et de la sueur du peuple. Que ces films soient bons ou pas, peu importe, mais, ils apportent une certaine vision de la société et de son évolution, la folie des années 70 nous manque beaucoup.

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LE CAS ÉTRANGE DU DOCTEUR JEKYLL AND SISTER HYDE (1971)

20 Mars 2018 , Rédigé par Paul Bénédict Publié dans #Cinéma Fantastique

Qui ne connaît pas le chef d’œuvre de Robert-Louis Stevenson ? Qui ? Depuis les premières adaptations cinématographiques de cette œuvre qui connut quelques évolutions scénaristiques au cours des années, car l’œuvre originel est un court roman, un condensé de terreur subjective et objective par les différents témoignages, l'avoué Poole n'étant qu'un témoin indirect des faits commis par les deux protagonistes de l'histoire, Jekyll et Hyde.

 

Donc, nous ne sommes pas là pour faire une étude approfondie d'une œuvre aussi courte que fascinante, mais pour parler de ses différentes adaptations cinématographiques, aussi surprenantes qu'éloignées de la trame initiale.

 

Si Jerry Lewis eut l'excellente idée dans l'irrésistible docteur Jerry & Mister love, d'inverser les rôles et à la différence de l'histoire originel, ou Jekyll est un homme beau et vertueux, et Hyde est hideux et malfaisant.

 

Le double maléfique du malchanceux chercheur et un homme aussi séduisant qu'il est arrogant, Lewis se donnant là le beau rôle à l'inverse de ses rôles habituels de gaffeur, c'est une vision intéressante que le mal est parfois, voir souvent très séduisant, par rapport au bien qui n'est que fadeur et donc politiquement correct.

 

Donc, un beau matin, les studios de la Hammer se décidèrent après avoir beaucoup réfléchi de rendre l'histoire encore plus transcendante, ils allèrent donc là ou personne n'avait encore été, donc, le producteur, réalisateur, ainsi que le scénariste nous concoctèrent un docteur Jekyll & sister Hyde !!!!!!

 

La Hammer n'étant plus ce qu'elle avait été, la vogue de ces films déclinant, il fallait vaille que vaille assurer et là, ils se déchaînèrent, oui, Jekyll serait un homme beau et séduisant et son alter ego serait une femme aussi belle que dangereuse, si l'acteur était Ralph Bates, Hyde serait Martine Beswick, actrice connue pour son rôle de Paula dans Opération Tonnerre, nous avons dès le départ la scène habituelle de transformation où par un simple mouvement de caméra Jekyll devient Hyde.

 

Il est vrai que Martine nous démontre très rapidement qu'elle est vraiment une femme, une bonne scène de nudité du meilleur aloi, au cas ou nous n'aurions pas compris, merci les années 70.

 

Le scénario du brillant Brian Clemens (qui ne le connaît pas Chapeau melon et bottes de cuir) mélange avec habileté l'histoire de jack l'éventreur et celle de Burke et Hare, le premier ne fut jamais arrêté, les deux autres fournissaient en cadavres un médecin peu regardant pour pratiquer ses recherches médicales, au début, ils pillaient les tombes et puis en mal de matière première, ils n'hésitèrent pas à tuer les gens des bas quartiers d’Édimbourg en Écosse.

 

Donc, sister Hyde n'existe que parce que Jekyll s'injecte des hormones féminines provenant des jeunes femmes tuées par des complices (il tue aussi ne vous inquiétez pas), car, les femmes sont censées vivre plus longtemps que les hommes.

 

En effet, Clemens fonce dans les clichés et les pulvérisent, pourquoi une femme ne pourrait pas être un assassin, un être malfaisant comme dans l'histoire de base, le côté maléfique prend le pas sur la personnalité bénéfique du médecin, or, le Jekyll du film n'est pas non-plus quelqu'un de bienfaisant.

 

Là, son côté féminin devient prépondérant et Jekyll commence à s'intéresser à un autre personnage masculin du film, l'acteur Lewis Fiander, très dans le second degré ce qui donne un côté gay, franchement irrévérencieux au film sans jamais tomber dans le vulgaire ou le pathétique.

 

Jekyll fait passer Hyde pour sa jeune sœur récemment veuve, en tant que femme, il découvre son goût pour le sang, le sexe, il peut enfin connaître le désir pour un homme à travers le regard d'une femme et le désir des hommes sur sa merveilleuse apparence si sensuelle, les deux comédiens se ressemblant assez, l'effet est assez réussi, de plus, un autre duo, Howard Spencer et sa jeune soeur Susan sont amoureux pour le premier de miss Hyde et l'autre de Jekyll, qui ne sont en fait qu'une seule et même personne, on va plus loin, on parle de transsexualité, de bisexualité très poussée.

 

Jekyll devient amoureux d' Howard parce que Hyde en est éprise, n'avons nous pas au fond de nous, de chacun de nous, un côté masculin et féminin ?

 

Et si Hyde n'était que la partie immergée de Jekyll, une envie profonde, mais jamais vécue d'attirance envers son propre sexe, il tue, elle tue aussi, avers et revers d'une même pièce, l'un ne pouvant combattre l'autre, jalousie de Jekyll pour les prostituées qui se font prendre par des hommes, désir qu'il ne peut vivre sans perdre son statut social et celui d'homme viril.

 

Bien entendu, l'histoire se termine mal, nous n'oublierons jamais Martine Beswick en éblouissante femme écarlate, ce qui est clairement établi par ses tenues, Caroline Munro, refusa le rôle, car, elle craignait les scènes de nues.

 

Bonne réalisation de Roy Ward Baker, scénario parfait de Brian Clemens, bons comédiens, une très bonne révélation, docteur Jekyll and sister Hyde !!!

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LA GRANDE MENACE (1978)

20 Février 2018 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Cinéma Fantastique

Dans un appartement londonien, un homme, John Morlar (Richard Burton) est retrouvé mort, du moins, c'est ce que pensent les enquêteurs parmi lesquels se trouve l'inspecteur Brunel (Lino Ventura), un Français détaché temporairement auprès de la police britannique.

 

Étonnamment, Morlar bien que très grièvement blessé à la tête, est toujours vivant, il est emmené d'urgence à l'hôpital, Morlar est maintenu en vie, bien que son activité cérébrale reste à peine perceptible.

 

Brunel s'investit dans cette affaire, qu'il trouve étrange, vu que le vol n'était pas le mobile, alors pourquoi tenter de tuer un romancier renommé ?

 

Il découvre bien vite que l'homme vivait coupé du monde extérieur et ne rencontrait que son psychiatre le docteur Zonfeld (Lee Remick) a qui il se confiait.

 

Brunel demande à celle-ci de l'aider à reconstituer le puzzle de la vie de John Morlar, car, le meurtrier devait forcément être une connaissance de celui-ci, sinon, il ne l'aurait pas laissé pénétrer chez lui.

 

Le docteur Zonfeld accepte et Brunel découvre peu à peu la véritable personnalité de Morlar.

 

Morlar, fils unique d'un couple névrosé et bizarre, composé d'une mère castratrice et d'un père faible, des parents qui ne lui donnaient aucune affection, les Morlar sont sur une falaise, le père a garé la voiture et le couple regarde la mer, John est assis loin derrière eux et son opinion sur ses géniteurs est sans appel, il voudrait les voir disparaître, étrangement, le frein à main de la voiture se desserre et celle-ci roule alors lentement, mais sûrement vers le couple qui ne se doute de rien, puis, d'un coup, ils se retournent et voient le véhicule arriver sur eux, ils se mettent à courir poursuivi par la voiture devenue folle et finissent par sauter dans le vide, John est maintenant seul.

 

John est recueilli dans un orphelinat, mais, si la vie avec sa famille n'était guère folichonne, celle d'un endroit pareil non plus, c'est un enfant rêveur qui ne suit pas trop les cours, et un jour, alors qu'il contemple par la fenêtre, les feuilles qui sont rougies par l'automne, emportées par le vent, son professeur le ramène à la dure réalité et lui demande ce qu'il regarde, John le lui dit sans penser à mal, le professeur décide de le punir en lui faisant ramasser toutes les feuilles mortes, et cela sous la pluie.

 

John s'exécute, et il doit se rendre ensuite à la chaufferie, pour brûler les feuilles dans la chaudière, John le fait, fixe les flammes puis laisse la porte de celle-ci ouverte, l'orphelinat prend feu et son professeur qui l'avait puni péri dans les flammes avec son fils, ainsi que quelques camarades.

 

John survit, grandit et devient Richard Burton, non, avocat, un brillant défenseur qui défend un jeune homme, poète à ses heures, un jeune homme qu'il apprécie beaucoup, mais, le juge McKinley (Robert Flemyng) se montre intraitable et condamne le prévenu. Morlar fixe le magistrat d'une manière si gênante que tout le monde reste surpris, le condamné se suicidera en prison et le juge mourra d'une inattendue crise cardiaque.

 

Morlar épouse Patricia (Marie-Christine Barrault), mais, son bonheur est de très courte durée, ils ont eu un enfant, un monstre qui n'a pas survécu à sa naissance, le couple se désagrège et un soir, lorsqu'il rentre dans sa belle maison, sa femme est là, mais, son amant aussi, Edward Parrish (Jeremy Brett), ils le traitent avec mépris, tout les deux sont en habit de soirée, Morlar ne sera pas de la fête, ils partent et malheureusement pour eux se tuent en voiture.

 

Morlar se retrouve encore une fois seul.

 

Brunel comprend tout à fait la misanthropie du romancier, qui n'aurait pas fermé la porte aux autres, après de telles souffrances ? Alors, qui a voulu le tuer ? Puisque la plupart des gens de son passé sont morts ? Qu'il n'a pas d'amis ?

 

Questions sans réponse, mais, Brunel en compulsant le journal de Morlar et en suivant les indications de son psychiatre, découvre que tous ces accidents sont le fait de Morlar, celui-ci serait doté de pouvoirs télékinesiques extrêmement puissants.

 

En tout cas, c'est ce que pensait l'écrivain, Brunel reste dubitatif, mais, d'autres faits, l'amène à croire sérieusement que Morlar est responsable du crash d'un avion de ligne au cœur de Londres et de la mort d'un équipage d'astronautes.

 

Morlar est toujours dans le coma, mais, son activité cérébrale reste toujours présente et d'un coup s'emballe, et c'est la cathédrale de Minster qui est la cible de l'écrivain, lors d'une cérémonie avec la reine, Brunel comprend alors que Morlar ne veut pas ou ne peut pas mourir, il s'accroche à la vie et à son œuvre de destruction.

 

Brunel se rend en catastrophe à son chevet, le débranche, en vain, il est toujours vivant, Morlar arrive même à écrire d'une main hésitante le nom d'une centrale nucléaire, sa prochaine et définitive cible.

 

Fin de l'histoire.

 

Une seule question se pose : mais qui a tenté de tuer Morlar ?

 

Je n'y répondrais pas, un seul conseil : regardez le film.

 

Ce fut pour Lino Ventura sa seule incursion dans l'univers du fantastique, lui et Burton n'ont aucune scène en commun, sauf, peut-être celle de l'hôpital.

 

Le film est à la fois un thriller fantastique et une enquête policière, Morlar n'apparaissant que dans des flash-back, bref, l'univers de celui-ci n'est que purement subjectif, est-il réellement capable de provoquer des catastrophes ou tout ceci n'est que le fait du hasard ?

 

Morlar a une relation avec le monde quasi-épidermique, il déteste l'hypocrisie ambiante et la malveillance, Morlar est une victime de ce monde. Donc, a-t-il réellement du pouvoir sur ce qui l'entoure ou est-ce une illusion ?

 

Brunel reste un personnage ancré dans le moment présent, un homme tangible qui ne croit pas au merveilleux, Zonfeld reste sceptique, bien qu'elle admette que le pouvoir de Morlar puisse être réel.

 

Le film date un peu, très années 70, bien que Jack Gold soit un solide artisan, il reste un bon film, agréable à regarder, certainement pas du niveau de l'Exorciste, sorti en 1973, regardez-les et vous verrez la différence..

Le film fantastique est un sacré exercice de style, il faut rester rigoureux, sinon, cela vire au grand-guignol très rapidement.

 

Ventura est comme à son habitude parfait, investi dans son rôle, tout comme Remick et Burton.

 

Burton dont le regard hypnotique restera gravé dans toutes les mémoires.

 

Le titre original était «The Medusa Touch », n'oubliez pas que Méduse avait le pouvoir de vous transformer en statue de pierre, si vous aviez le malheur de croiser son regard.

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L'HOMME AU MASQUE DE CIRE (1953)

30 Janvier 2018 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Cinéma Fantastique

 

Henry Jarrod (Vincent Price) et son associé ont monté un musée de statues de cire, dans le style du musée Grévin, mais en mieux, qui reprennent les grands personnages de l'histoire. Si le premier est obsédé par ses statues de cire à qui il a donné une apparence de vie, il est tout particulièrement attaché à l'une d'entre elle, celle de Marie-Antoinette, dont il est amoureux, le second aime l'argent, hélas, le musée ne rapporte pas assez, Jarrod a bien trouvé un mécène pour le financer, mais, celui-ci ne pourra pas investir l'argent tant attendu dans l'immédiat, l'associé cupide refuse d'attendre, il décide donc d'y mettre le feu pour toucher l'assurance.

Jarrod est très grièvement brûlé en voulant sauver ses œuvres, pourtant, dix ans plus tard, il réapparaît guéri plus tard, mais, en fauteuil roulant, poussé par Igor son assistant que vous reconnaîtrez sans aucun doute, il apparaît au générique sous son vrai nom Buchinsky, mais, deviendra en tant que Charles Bronson une grande star (vu aussi dans la série «La 4è dimension»), il jouera par la suite dans des tas de polars, westerns, pour se perdre plus tard dans les films sécuritaires.

Jarrod a décidé de revenir à ses premiers amours, il ouvre un nouveau musée de cire, avec une galerie consacrée à un thème bien particulier : crimes sanglants, exécutions et tortures, par ailleurs, il reconstitue à la perfection la pendaison de son ancien associé dans une cage d'ascenseur, le plus étrange, c'est que le corps avait au préalable disparu de la morgue et personne ne sait qui l'a volé et pourquoi.

Peu après l'ouverture du «musée» des crimes inexpliqués commencent à terroriser la population, des crimes que Jarrod représente d'une façon très réaliste dans son musée.

L'histoire prend un tour nouveau avec la venue d'un nouveau personnage, Sue, Sue est une jeune fille pauvre, elle vit dans un foyer pour jeunes filles ou elle devenue l'amie, de Cathy Gray, une jeune femme délurée qui cherche un riche protecteur, Sue qui est sa seule confidente, apprends par celle-ci qu'elle vient de rencontrer un homme plus âgé, séduisant et surtout riche, assez riche pour l'entretenir bien entendu, Sue est totalement différente, elle fréquente un jeune homme Scott Andrews qui vit avec sa mère, son fiancé a des mains d'or, car, son métier, c'est la sculpture et c'est grâce à cela qu'il est embauché par Jarrod, car, ses mains ne peuvent plus sculpter.

Cathy Gray parle avec enthousiasme de son nouveau flirt à Sue, un soir, elle sort, et lorsque Sue rentre au foyer, elle entend du bruit dans la chambre de son amie, dont elle découvre le corps, mais pas que, un homme vêtu de noir est penché au-dessus d'elle, Sue prend alors la fuite et l'homme la poursuit dans les rues embrumées de la ville, finalement, elle le met en fuite et part vivre chez son fiancé.

La suite ? Nous la connaissons tous, Sue visitera le musée et découvrira que la Jeanne d'Arc exposée, ressemble d'une façon trop flagrante à sa regrettée camarade Cathy, dont l'homme au masque de cire avait réussi à voler le corps, lors d'un second essai à la morgue.

Sue attirera le regard de Jarrod, car, elle ressemble à sa Marie-Antoinette, disparue dans les flammes

Le film est soigné, très bien réalisé, mais, André de Toth ne s'était pas trop cassé la tête, son film est le remake de celui de 1933, tourné par Michael Curtis. Bon, je vais spoilé, Jarrod est défiguré et porte un masque en cire, merci à celui qui a rebaptisé le film en spoilant d'avance la fin.

Un gentil héros policier le lieutenant Tom Brennan la sauvera d'une mort brûlante n'oubliez pas cette scène qui fit fantasmer tous les ados de l'époque, ou la frêle jeune fille est ficelée, nue dans une cuve, elle s'apprête à recevoir de la cire bouillante sur le corps, pas cool pour s'épiler, surtout pas pratique.

Vous noterez l'obsession Hollywood pour les difformités physiques, pour la laideur dissimulée, laideur synonyme de perversité.

Nous retrouvons cette obsession chez beaucoup de romanciers comme Gaston Leroux (le fantôme de l'opéra), Robert-louis Stevenson (Docteur Jeckyll et mister Hyde), Oscar Wilde (le portrait de Dorian Gray), cette histoire reprend le même thème, la dissimulation de sa véritable apparence, monstrueuse ou pas, c'est la folie de l'homme qui a perdu la gestion de son image, en perte de son identité, défiguré pour l'un, métamorphosé en un monstre assassin pour l'autre ou dissimulant sa véritable apparence, en fuyant son portrait pour le dernier.

Un individu qui n'a plus d'image perd le contact avec la société, il n'est plus qu'une ombre, un paria.

Vincent Price en Jarrod en est l'exemple parfait, un homme bon réduit à l'état d'infirme par la faute de l'argent roi, la cupidité lui a pris sa vie, d'un homme de bien devient un monstre se dissimulant sous un grand chapeau ou un masque de lui-même, un souvenir de ce qu'il était.

André de Toth qui ne manquait pas d'humour réalisa son film en 3D, comme je vous l'ai précisé au début, mais n'en n'apprécia pas la technique, car, il était borgne !!!! Comme quatre autres grands réalisateurs d' hollywood : Ford, Lang, Walsh et Ray.

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PANDORA (1951)

16 Janvier 2018 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Cinéma Fantastique

Le film commence par deux corps repêchés par des marins espagnols un bon matin, celui d'un homme et d'une femme, main dans la main. Puis, la cloche de l’église sonne pour signaler l’horrible découverte, tout ceux qui connaissaient les défunts sont là, ainsi que le professeur Fielding (Harold Warrender), un archéologue, se souvient alors de cette citation, « La valeur d'un amour se mesure à ce que l'on consent à lui sacrifier », sans pour autant se rappeler le nom de son auteur.

 

Et voilà le début du film Pandora, devenu culte, film du très curieux Albert Lewin, premier film en couleur de la sublime Ava Gardner, merveilleuse de beauté et de talent, donc, allons y, Pandora, c'est l'amour à travers l'espace et le temps.

 

Bon, c'est l'histoire d'une jeune chanteuse américaine qui vit en Espagne dans un endroit drôlement classe, elle fréquente, avec d'autres compatriotes, dont on ignore par ailleurs les professions, une bodega où tu peux traîner en robe de soirée, parmi les marins et les gitans (pas cliché les gitans).

 

Un de ses amants poéte, Reggie Desmaret (Marius Goring) s'empoisonne pendant qu'elle joue du piano, tout en rêvant au grand amour, dit comme cela, c'est aussi très clicher, mais on s'en fiche, il claque et elle part pleurer chez elle, parce que Desmaret était cocu, oui, elle le trompait avec Stephen Cameron (Nigel Patrick), coureur automobile, bref, Janet (Sheila Sims), la nièce de l’archéologue, veut un soir lui remonter le moral, mais, mauvaise pioche, Pandora n'en a rien à battre du défunt et préfère partir en balade avec Cameron dont la pauvre Janet est secrètement éprise, vous voyez le truc ?

 

Et là, l'histoire commence vraiment, on s'aperçoit très rapidement que Pandora n'est pas gentille, aime la destruction et surtout celle des hommes, elle pousse Stephen à sacrifier son bolide en la jetant du haut d'une falaise et l'expression de joie malsaine qui éclaire le visage de Pandora est assez incroyable. Bon, ils ne rentreront pas à pied et Fielding les emmènera dans son vieux tacot, lui aussi est épris d'elle, mais, il se méfie des épines de la rose.

 

Et là dans la baie apparaît le voilier, celui du Hollandais volant, bon, spoiler, j'en ai le droit. « Au XVIIéme siècle, il a tué sa femme par jalousie, alors qu'elle était honnête, il a blasphémé et Dieu l'a puni en lui faisant parcourir les mers, ou tous les 7 ans, il rejoint le monde des vivants pour trouver une femme qui acceptera de mourir avec lui, Pandora est la réincarnation de sa femme et à cause de sa mort injuste, elle se venge des hommes ».

 

Pandora décide sur un coup de tête, de rendre visite au proprio du navire et s'en va sur la plage dans le plus simple appareil, rassurez vous, on ne voit rien, même pas un dos nu, à peine une jambe, voire une main et Hendrick Van der Zee l'attend et c'est l'impérial James Mason, attention, c'est l'effet « Swagg », il peint comme par hasard le portrait d'une femme ressemblant trait pour trait à l'héroïne, bien sûr, elle déteste la toile et détruit son image que notre héros transforme en tête d'oeuf, on remarquera que la toile est dans le style de Magritte (peintre belge, allez sur Wikipédia), rencontre providentielle.

 

Mais qui tient super bien la route, ils se fréquentent et de suite, Hendrick est fou d'elle et c'est réciproque, les scènes peuvent sembler longues, longues, très figées, mais on y trouve aussi des fulgurances, une mise en scène proche d'un univers à la Dali, des scènes cultes, l'arrivé coup de théâtre du matador Montalvo (Mario Cabré), ex amant de Pandora, bien entendu, le type est trop sur de lui et il vient réclamer la belle, face à Stephen Cameron, un Nigel Patrick parfait dans son rôle, drôle et surtout très humain, humble en opposition au vaniteux Montalvo, qui comprend bien vite que son rival n'est pas celui-ci, mais Hendrick,

 

Se succède la course automobile sur la plage, la fête qui finit en esclandre, la scène ou Pandora avoue son amour à Hendrick et celui-ci préfère renoncer à elle, plutôt que de la voir mourir avec lui, dans un clash assez violent, car, il apprécie Stephen Cameron, le fiancé officiel de celle-ci.

 

La mise à mort de Hendrick par Montalvo, sinistre, sans être gore, ou Hendrick le supplie de lui donner le « coup de grâce », la lumière vacillante, le tapis avec des motifs que l'on retrouvera dans le flash-back du film, poursuivons, Montalvo mourra lors de la corrida, lorsqu'il apercevra le défunt, bien vivant et présent, il avouera à demi-mot à Pandora ce meurtre inabouti.

 

L'étau se resserre et l'on porte plus attention à la passion entre Hendrick et Pandora, Hendrick émerveillé par exemple par la musique qu'elle joue tout en pensant à lui, il y a aussi du Hemingway dans le scénario, la vie facile, les fêtes, le sexe, l'alcool, les corridas, la violence subtile.

 

Lewin était un esthète pour le flash-back, on sent la patte d'un Vermeer, d’un Rembrandt (pas la marque de dentifrice, le peintre), une vision en 3D avec la dague dans la chambre de la femme, puis sur le sol de la cabine de Hendrick.

 

Pour finir le sacrifice de Pandora (qui n'en n'est pas un) que personne ne pouvait empêcher, l'amour par-delà la mort, l'amour à mort, le vrai peut-être ? L'amour ne disparaît jamais. Pandora devenu au fil du temps, un film sur la passion, inoubliable.

 

 

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La maison du diable !

5 Décembre 2017 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Cinéma Fantastique

 

Pour ces fêtes de Noël qui approchent à grand pas, quoi de meilleur que de regarder un bon vieux film d’horreur ?

Vous souvenez-vous de ce film incroyable « La Maison du Diable » de Robert Wise ? Réalisateur beaucoup plus connu pour le très coloré et vivant « West side Story ».

 

Le film commence en voix-off, un narrateur anonyme raconte avec délectation les malheurs arrivés dans le castel de Hugh Crain, les morts « accidentelles » successives de ses épouses, accident de calèche pour l’une, chute dans les escaliers pour l’autre, sans parler du sort malheureux de sa fille Abigail, prisonnière des lieux et de son père. Et n’oublions pas cette scène devenue culte ou Abigail vieillit en quelques instants, toujours confinée dans sa chambre d'enfant.

 

Jusqu’à la pendaison (de sa frivole dame de compagnie et héritière à la cuisse trop légère) à l'intriguant escalier métallique de la bibliothèque.

 

Le narrateur, c'est John Markway (Richard Johnson), un docteur en parapsychologie qui a convaincu Luke Sanderson (Russ Tamblyn) neveu de l'actuelle propriétaire de l'accompagner au castel, afin d'y rejoindre deux participantes à son expérience psychique, Eleanor Lance/Nell (Julie Harris) et Théodora/Théo (Claire Bloom), deux femmes qui possèdent selon lui des dons médiumniques et sensitifs hors du commun.

 

Nell, une femme encore jeune qui a passé sa vie à soigner une mère malade, qui ne possède rien, à part la moitié de la voiture, une femme soumise, qui subit les moqueries de sa nièce et la tyrannie de sa sœur, une femme qui va jusqu'à négocier son départ pour le Castel.

 

On pourrait trouver le film trop bavard, trop intériorisé, après tout, le personnage principal du film, c’est la maison ou le castel, ensuite, c'est Nell, qui est mise en avant, on peut lire dans ses pensées comme dans un livre ouvert, elle ressemble à l’héroïne de Psychose, leur fuite en avant pour se refaire une nouvelle vie, loin de la morosité ambiante.

 

La rencontre avec la glaçante madame Dudley, gardienne de l'endroit, dont l'humour froid, si c'est de l'humour, suppose que le castel imprègne le caractère de ceux qui s'en occupe, un lieu maléfique, qui aspire toute vie.

 

Puis celle avec Theo, une femme belle, élégante, très indépendante, télépathe aussi, aux penchants saphiques ?

 

La rencontre avec Markway, dont Nell s'entichera avec rapidité, elle croit à tort que l'empathie et la gentillesse dont il fait preuve à son égard sont de l'amour, et qu'avec Luke et Théo, ils forment une famille

 

Le castel est une demeure malade selon Markway. Et le reste ira crescendo, les scènes nocturnes distillant de la pure terreur, cette force maléfique se déchaînant derrière la porte, ces hurlements de rage avec la question qui nous hante aussi : qu'est-ce qui se cache derrière la porte ? Les pleurs d'un enfant dans la nuit, la voix d'un homme psalmodiant et les rires d'une femme.

 

Pauvre Nell, cible du castel et des autres, comme Théo qui l'a percée à jour, la présentant comme une femme seule à la vie gâchée, à la sexualité immature, effondrée, lorsqu'elle découvre que l'homme de ses rêves, Markway est marié.

 

Comment oublier le groupe de statues, ou, Crain trône, entouré de sa cour de femmes, on ignore par ailleurs qui est la troisième femme du groupe, peut-être la nurse ?

 

Et l'arrivée tonitruante de la très autoritaire madame Markway (Loïs Maxwell – Miss Moneypenny, comme quoi, il y a une vie en dehors de James Bond), moqueuse envers son mari, le professeur a lui aussi son poids à porter, une épouse imperméable au monde du surnaturel, exigeante, prête à dormir dans l'antre du mal : la chambre d'enfant.

 

Comment oublier la scène du salon ou la porte se déforme sous une force inconnue, obligeant Luke à faire face à la réalité du lieu, la fuite de Nell dans l'immense demeure qui la mènera vers le fameux escalier métallique « symbole phallique », mais chancelant, la fuite de madame Markway du coeur maléfique de la maison.

 

Celle de l'escalier ou le professeur sauve Nell d'une chute certaine, une scène à vous ficher le vertige, mais, Nell veut rester, la maison a besoin d'elle comme Abigail qui n'est jamais devenue femme, restant la fille de Hugh Crain à jamais

 

La fin aussi brutale que tragique de Nell, lorsqu'elle évite avec sa voiture madame Markway, fuyant dans la nuit le castel, et heurte l'arbre que jadis le fiacre de la première madame Crain avait percuté, la tuant sur le coup.

 

Le castel a gagné et s’illumine, exprimant une joie malsaine.

 

Réalisation impeccable de Robert Wise, réalisateur très éclectique, aux multiples facettes, il a taillé dans un noir et blanc très sur, un diamant sombre et angoissant,d'après un excellent scénario qui montre, mais n'explique rien, laissant le mot de la fin à Nell, «quand on hante le castel, on le hante seul».

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