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Objectif Média Web

L'ÉROTISME AU CINÉMA

27 Mars 2018 , Rédigé par Paul Bénédict Publié dans #Cinéma Fantastique

La photo de présentation n'a rien à voir avec le sujet, mais, Diana Rigg, oui, c'est elle, bien avant Game Of Thrones, était vraiment trop belle.

 

Tu vas découvrir un cinéma sans complexe, sans SIDA, sans MST, sans aucun message de préventions sur ta santé mentale ou autre, le cinéma fantastique des années 70 était libéré de tout frein, flirtant avec le X, Brigitte Lahaie aurait pu tout aussi bien devenir l'égérie de film fantastique à l'instar d'une Barbara Steel, mais non, tel ne fut pas son destin, allons, entrons dans le vif du sujet.

 

Chair pour Frankenstein (1973), film inoubliable réalisé par Paul Morrisey, parmi les divers producteurs de ce film, vous trouverez Andy Wharhol et Jean Yanne !

 

Dans le rôle du scientifique fou qui se prend pour Dieu, Udo Kier, acteur fascinant qui n'atteignit jamais le niveau de folie d'un Claus Kinski, mais, en bon artisan de sa profession, au vu de sa longue, très longue filmographie, il a fini par cachetonné chez Michaël Bay (Armageddon), donc total respect.

 

Là, le jeune comte s'ennuie tellement qu'il décide de créer des êtres humains avec l'aide de son âme damnée Otto, pendant que sa femme, la comtesse découvre les joies du prolétariat en fricotant avec le valet qui n'est autre que Joe Dallessandro, vous voyez le délire ?

 

Mais à l'instar de Dieu, qui lui a décidé de tourner dans un autre film, le bon comte (et bon ?) et Otto n'hésitent pas à tuer pour avoir de la matière fraîche.

 

Udo Kier crée Dalila di Lazzaro, qu'il n'hésite pas à violer avec sauvagerie, mêlant plaisir, violence et sang dans la même scène, tout en sachant que son épouse infidèle est aussi sa sœur, dont il a deux enfants, il faut suivre !

 

L'histoire se finit mal, tout le monde trépasse dans des scènes sanguinolentes, du bon gore, le film était en 3D, je vous laisse imaginer la tête des spectateurs, la bande son était aussi amplifiée au maximum pour ne pas en rater une goutte.

 

Après Frankenstein, passons à Dracula, qui ne connaît pas le livre de Bram Stoker ?

 

Un très bon roman par ailleurs, après Bela Lugosi, Christopher Lee, découvrons du Sang pour Dracula (1974), Comtesse Dracula (1971) et Les Sévices de Dracula (1971), alors, ce n'est pas le bonheur ?

 

Du Sang pour Dracula. Notre ami Udo, oui, nous pouvons l'appeler notre ami, est un vampire qui ne peut se nourrir que du sang de vierges, manque de bol, c'est que des pucelles, vu le relâchement des mœurs, il n'y en a plus beaucoup, comme on n'est pas dans Twilight, il ne faut pas déconner quand même.

 

Le pauvre vampire trouve dans un coin paumé, un noble Italien qui accepte son mariage avec l'une de ses filles, ce qu'ignore Draculito, c'est que le jardinier est communiste et qu'il courre après toutes les filles, vous voyez la lutte des classes ?

 

Le beau Jardinier (encore Joe Dallessandro, un acteur très polyvalent, puis surtout pas frileux) dépucelle toutes les filles avec frénésie, plus vite que l'autre qui tente avec mollesse de vous vider de votre sang.

 

Le drame se noue, le pauvre vampire se résoudra à lécher le sang que vient de perdre la petite dernière de la famille que l'autre bozo vient de déflorer, en prime, ce dernier lui défoncera sa race à coups de hache, on s'attendait au moins, au vu de son engagement politique, qu'il ne le tue avec une faucille et un marteau.

 

Pour les deux autres films, des productions de la mythique Hammer, ils ont gardé un cachet très rétro, enfin, c'est ce que je trouve.

 

Comtesse Dracula, une femme vieillissante retrouve sa beauté et surtout sa jeunesse en se baignant dans le sang de jeunes filles vierges de préférence.

 

C'est l'histoire d'Elizabeth Bathory, très connue pour ses plaisirs saphiques et sanguinaires, hélas à part la plastique irréprochable d'Ingrid Pitt, point de vampire dans ce film, un travail soigné, bien filmé, le réalisateur aurait préféré Diana Rigg, vous voyez sa photo et ce qu'on a perdu !

 

Dans Les Sévices de Dracula, le film raconte la fascination d'une jeune fille pour un vampire débauché, fascination que ne partage pas du tout sa jumelle (les rôles étaient tenus par d'authentiques jumelles et playmates, à l'occasion) le seul point commun entre les deux films, c'est l'apparition de la fameuse Comtesse du premier opus, mais, sans hélas Ingrid Pitt et ses formes pulpeuses.

 

Les Sévices de Dracula, le film ne fonctionne que grâce à Peter Cushing (qu'est-ce que l'on ferait sans lui ?) et Michaël Warbeck est le jeune premier, un garçon plutôt énergique, les jumelles se contentant d'être très décolletée.

 

Que peut-on conclure que les temps avaient vraiment changé, le sexe, la nudité s'étaient démocratisés, tout le monde parlait du sexe, les corps se montraient, parfois de trop, dans le contexte du film fantastique, tel que Frankenstein ou Dracula, les mythes sont utilisés pour mettre en avant l'opposition du Christianisme avec la science pour le premier, un homme peut à l'égal de Dieu, donner la vie, oui, mais en ressuscitant de la chair morte, il n'est pas question d'une création, mais d'une modification de celle-ci, si Adam et Eve sont les créations de Dieu.

 

Ces enfants pour Frankenstein, ces créatures sont ces choses et ne seront jamais ces égaux, mais à peine des sous-humains, un père ne viole pas son enfant et c'est pourtant ce qu'il fait, pour Dracula, le sexe pour le sexe, l'amour à mort, le sang si précieux que l'on retrouve dans l'Ancien et le Nouveau Testament, l'alliance avec Dieu, c'est l'inverse.

 

Le vampire n'a pas d'image, il n'a pas d'âme, c'est une enveloppe charnelle et vide, si le Christianisme parle de l'importance de la virginité, que la sexualité n'est faite que pour la reproduction, dans ce cas-là, le vampire est un être stérile, il n'apporte rien, il vole aux autres leurs substances, il n'existe que pour subvenir à ces plus bas instincts et besoins vitaux, sans obéir à l'ordre moral.

 

Le vampire est rarement un pauvre, un gueux, c'est un noble, c'est aussi une allégorie de l'aristocratie qui vivait à une époque du sang et de la sueur du peuple. Que ces films soient bons ou pas, peu importe, mais, ils apportent une certaine vision de la société et de son évolution, la folie des années 70 nous manque beaucoup.

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LE CAS ÉTRANGE DU DOCTEUR JEKYLL AND SISTER HYDE (1971)

20 Mars 2018 , Rédigé par Paul Bénédict Publié dans #Cinéma Fantastique

Qui ne connaît pas le chef d’œuvre de Robert-Louis Stevenson ? Qui ? Depuis les premières adaptations cinématographiques de cette œuvre qui connut quelques évolutions scénaristiques au cours des années, car l’œuvre originel est un court roman, un condensé de terreur subjective et objective par les différents témoignages, l'avoué Poole n'étant qu'un témoin indirect des faits commis par les deux protagonistes de l'histoire, Jekyll et Hyde.

 

Donc, nous ne sommes pas là pour faire une étude approfondie d'une œuvre aussi courte que fascinante, mais pour parler de ses différentes adaptations cinématographiques, aussi surprenantes qu'éloignées de la trame initiale.

 

Si Jerry Lewis eut l'excellente idée dans l'irrésistible docteur Jerry & Mister love, d'inverser les rôles et à la différence de l'histoire originel, ou Jekyll est un homme beau et vertueux, et Hyde est hideux et malfaisant.

 

Le double maléfique du malchanceux chercheur et un homme aussi séduisant qu'il est arrogant, Lewis se donnant là le beau rôle à l'inverse de ses rôles habituels de gaffeur, c'est une vision intéressante que le mal est parfois, voir souvent très séduisant, par rapport au bien qui n'est que fadeur et donc politiquement correct.

 

Donc, un beau matin, les studios de la Hammer se décidèrent après avoir beaucoup réfléchi de rendre l'histoire encore plus transcendante, ils allèrent donc là ou personne n'avait encore été, donc, le producteur, réalisateur, ainsi que le scénariste nous concoctèrent un docteur Jekyll & sister Hyde !!!!!!

 

La Hammer n'étant plus ce qu'elle avait été, la vogue de ces films déclinant, il fallait vaille que vaille assurer et là, ils se déchaînèrent, oui, Jekyll serait un homme beau et séduisant et son alter ego serait une femme aussi belle que dangereuse, si l'acteur était Ralph Bates, Hyde serait Martine Beswick, actrice connue pour son rôle de Paula dans Opération Tonnerre, nous avons dès le départ la scène habituelle de transformation où par un simple mouvement de caméra Jekyll devient Hyde.

 

Il est vrai que Martine nous démontre très rapidement qu'elle est vraiment une femme, une bonne scène de nudité du meilleur aloi, au cas ou nous n'aurions pas compris, merci les années 70.

 

Le scénario du brillant Brian Clemens (qui ne le connaît pas Chapeau melon et bottes de cuir) mélange avec habileté l'histoire de jack l'éventreur et celle de Burke et Hare, le premier ne fut jamais arrêté, les deux autres fournissaient en cadavres un médecin peu regardant pour pratiquer ses recherches médicales, au début, ils pillaient les tombes et puis en mal de matière première, ils n'hésitèrent pas à tuer les gens des bas quartiers d’Édimbourg en Écosse.

 

Donc, sister Hyde n'existe que parce que Jekyll s'injecte des hormones féminines provenant des jeunes femmes tuées par des complices (il tue aussi ne vous inquiétez pas), car, les femmes sont censées vivre plus longtemps que les hommes.

 

En effet, Clemens fonce dans les clichés et les pulvérisent, pourquoi une femme ne pourrait pas être un assassin, un être malfaisant comme dans l'histoire de base, le côté maléfique prend le pas sur la personnalité bénéfique du médecin, or, le Jekyll du film n'est pas non-plus quelqu'un de bienfaisant.

 

Là, son côté féminin devient prépondérant et Jekyll commence à s'intéresser à un autre personnage masculin du film, l'acteur Lewis Fiander, très dans le second degré ce qui donne un côté gay, franchement irrévérencieux au film sans jamais tomber dans le vulgaire ou le pathétique.

 

Jekyll fait passer Hyde pour sa jeune sœur récemment veuve, en tant que femme, il découvre son goût pour le sang, le sexe, il peut enfin connaître le désir pour un homme à travers le regard d'une femme et le désir des hommes sur sa merveilleuse apparence si sensuelle, les deux comédiens se ressemblant assez, l'effet est assez réussi, de plus, un autre duo, Howard Spencer et sa jeune soeur Susan sont amoureux pour le premier de miss Hyde et l'autre de Jekyll, qui ne sont en fait qu'une seule et même personne, on va plus loin, on parle de transsexualité, de bisexualité très poussée.

 

Jekyll devient amoureux d' Howard parce que Hyde en est éprise, n'avons nous pas au fond de nous, de chacun de nous, un côté masculin et féminin ?

 

Et si Hyde n'était que la partie immergée de Jekyll, une envie profonde, mais jamais vécue d'attirance envers son propre sexe, il tue, elle tue aussi, avers et revers d'une même pièce, l'un ne pouvant combattre l'autre, jalousie de Jekyll pour les prostituées qui se font prendre par des hommes, désir qu'il ne peut vivre sans perdre son statut social et celui d'homme viril.

 

Bien entendu, l'histoire se termine mal, nous n'oublierons jamais Martine Beswick en éblouissante femme écarlate, ce qui est clairement établi par ses tenues, Caroline Munro, refusa le rôle, car, elle craignait les scènes de nues.

 

Bonne réalisation de Roy Ward Baker, scénario parfait de Brian Clemens, bons comédiens, une très bonne révélation, docteur Jekyll and sister Hyde !!!

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PEUR SUR LA VILLE (1975)

7 Mars 2018 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Cinéma

Vous avez aimé le Casse ? Vous appréciez Belmondo ? Voici, l'un de ses plus grands films, Peur sur la ville.

 

Comme le Casse, Peur sur la ville est réalisé par Henri Verneuil, Belmondo y devient le commissaire Jean Letellier, un ancien de l'antigang, passé à la brigade judiciaire à la suite de son échec lors d'une intervention à interpellé Marcucci (Giovanni Cianfriglia), celui-ci bien qu'en fuite est toujours présent à l'esprit de Letellier.

 

Letellier n'est pas seul, il est accompagné de son collègue Moissac (Charles Denner), ils pistent Marcucci qui serait de retour dans la capitale.

 

Au même moment, dans une tour proche de la Défense, Nora Elmer (Léa Massari) est harcelée téléphoniquement par un maniaque qui connaît tout de sa vie, même lorsqu'elle a changé de numéro de téléphone pour lui échapper, car, il la harcèle depuis longtemps, elle qui vient de perdre son mari depuis peu, a aussi un amant et son harceleur le sait, il lui promet même de venir chez elle, elle prévient le gardien de l'immeuble, puis, la police, mais, sans obtenir l'aide qu'elle attendait, et lorsqu'un inconnu vient sonner à sa porte, elle fait une crise cardiaque, et tombe par la fenêtre ouverte.

 

Letellier est avec Moissac sur le lieu du drame, mais, il se sent peut concerner par cette affaire, lui l'ancien de l'antigang, son esprit est surtout préoccupé par l'ombre de Marcucci, seul son supérieur Sabin (Jean Martin) s'aperçoit rapidement que cette affaire en apparence anodine est peut-être bien plus grave qu'elle n'y paraît.

 

Ils s'intéressent de prêt à son amant Julio Cortes (Henri-Jacques Huet) qui n'est pas mêlé au décès de sa maîtresse, mais par contre, qui est bien un petit dealer, et pour sa survie, voyez le film, il balance ses copains.

 

Le maniaque contacte alors Letellier et se présente comme Minos, le juge des enfers dans la Divine comédie de Dante, Minos affirme être responsable de la mort de Nora Elmer et que bientôt, il fera régner la terreur, en condamnant à mort les femmes menant une vie trop libertine.

 

Donc, Letellier et Moissac doivent trouver toutes les femmes qui ont changé de numéro de téléphone et pourquoi, ils en trouvent deux, Germaine Loison (Rosy Varte) et Hélène Grammont (Catherine Morin), cette dernière travaille à l'hôpital et est la maîtresse d'un homme marié, en l'occurrence son chef de service, les deux policiers rencontrent un infirmier qui porte en permanence des lunettes de soleil, Pierre Valdeck (Adalberto Maria Merli), un très bon ami de la jeune femme qui lui avait conseillé de porter plainte.

 

C'est en revenant à leur voiture qu'ils s'aperçoivent que quelqu'un a glissé dans l'habitacle un paquet, en l'ouvrant, ils découvrent que c'est l'Enfer de Dante, donc, Minos les a suivi.

 

Ils se rendent chez l'autre harcelée, Germaine Loison, mais, celle-ci n'est pas seule, elle est avec le commissaire qui enquête sur Minos, ce qu'elle ne sait pas, c'est que c'est Minos en personne qui est devant elle, elle lui avoue sans malice que depuis son veuvage, elle s'envoie en l'air et qu'elle aime cela, ce qui provoquera la fureur de Minos qui l'étranglera dans sa cuisine.

 

Letellier monte chez Germaine et trouve la concierge sur le palier, celle-ci est très inquiète que madame Loison ne réponde pas, puisqu'elle lui avait demandé de lui ramener son chat, et Letellier comprend très vite que quelque chose ne va pas et pénètre dans l'appartement, pour découvrir le cadavre de Germaine, Minos en profite pour s'échapper par la porte ouverte et descend les escaliers, mais, manque de bol, tombe presque face à face devant Moissac, celui-ci reconnaît les godasses marrons de Minos, car, il avait renvoyé à Letellier un morceau d'une photo ou on ne voyait que ses pieds, Minos rebrousse chemin et Letellier se lance à sa poursuite sur les toits de Paris, Minos est armé grâce à sa victime, elle lui avait montré le revolver que son mari avait en sa possession et qui ne la quittait jamais, après une dangereuse cavalcade sur les toits, ils atterrissent aux Galeries Lafayette.

 

Mais, Minos perd sur l'un des toits, son œil de verre. Dont Letellier récupère les fragments.

 

Letellier aurait pu rattraper Minos qui fuyait sur sa moto, si les hommes du commissaire n'avait pas pisté en même temps Marcucci, la tentation étant trop forte, Letellier abandonne la poursuite après Minos et se rabat sur le bandit, mais, Marcucci est trop malin, il abandonne son véhicule et fuit par le métro.

 

Scène d'anthologie, ou Belmondo réalise une cascade incroyable, celle ou accroché sur un wagon du métropolitain, il traverse le pont de Bir-Hakeim, je n'ose pas imaginer le conducteur de la rame, on peut voir par ailleurs que dans la cabine, ils étaient trois. Finalement, il abat Marcucci qui par un ressort scénaristique tombe par une des portes du métro que le conducteur ouvre.

 

Voilà, Letellier est content, mais, pas ses supérieurs, Minos le balance à la presse et à la risée populaire, il marque un point, donc, notre ami le commissaire va protéger la seule femme encore en vie, Hélène Grammont, elle se met en danger en affirmant à Minos qu'elle va faire l'amour avec Letellier, tout les deux sont même attirés dans un piège, lorsqu'elle ira à l'hôpital pour une opération qui n'existe pas et finit étranglée par Minos, qui n'est d'autre que Pierre Valdeck, l'ami fidèle.

 

Letellier prend alors l'affaire beaucoup plus au sérieux et décide de réécouter les enregistrements des appels de Minos, celui-ci appelle d'une cabine située près d'une fête foraine, puis, lors d'un autre appel, il n'y a plus de bruits de manège. La fête foraine a donc déménagé. Il y aura un suspect, Julien Dallas (le très talentueux, Jean-françois Balmer).

 

C'est grâce à un briquet et à une déduction un peu tirée par les cheveux, que Letellier découvrira que Valdeck est Minos, que l'un est l'autre ne font qu'un.

 

Bon, voilà, grosso modo, l'intrigue,on aurait pu voir dans le rôle de Letellier, Steve Mcqueen, car, le film utilise bien le modèle standard américain, du suspens, des personnages crédibles, de l'action, de gros morceaux de bravoure, or, il y a quelques bémols à ce très bon film.

 

Par exemple, disons qu'il est quasiment impossible pour Valdeck, d'avoir le temps matériel de déposer l'Enfer de Dante dans la voiture des policiers, de remonter, de changer de tenue et enfin, de les rencontrer en présence d'Hélène.

 

En fait, on pourrait croire qu'ils sont deux, lorsque Pierre étrangle Germaine, on voit son reflet dans un miroir, pareil pour le meurtre d'Hélène, ou il claque la porte du vestiaire en voulant fuir son image monstrueuse, Valdeck est borgne, comme, c'est un fan de moto, on suppose que c'est à cause d'un accident, le comble, c'est que jamais Letellier ne pense à relever le modèle de la moto de Minos ou même sa plaque d'immatriculation et de vérifier auprès de l'entourage des victimes, si quelqu'un avait une moto du même modèle ?

 

Les trois victimes, Nora, Germaine et Hélène avaient un point commun, le mari de la première était décédé à l'hôpital, la seconde y avait été opérée, et la troisième y travaillait.

 

Toutes étaient rousses et toutes avaient un bouquet d'anémones chez elles, je vous conseille de prêter attention aux détails.

 

Le scénario aurait pu jouer sur deux frères, deux jumeaux, l'un borgne et jaloux, l'autre non.

 

Par ailleurs, Minos porte constamment des lunettes noires pour cacher son œil de verre, or, on peut constater que l'acteur a bien ses deux yeux, pourquoi ne pas jouer sur cela pour créer un double rôle ?

 

Et la relation trouble de Minos pour Letellier, Minos a remarqué celui-ci alors qu'il était présent devant l'immeuble de Nora Elmer, Letellier représente l'homme sur de lui, viril qui plaît aux femmes, mais, lui aussi est assez gêné par la relation de l'affaire avec la sexualité, il a ses propres failles.

 

Puis, le film sort des railles du film policier classique, Valdeck devient un terroriste en balançant des grenades devant un cinéma où on joue le film d'une star du porno, Pamela Sweet (Germana Carnacina).

 

Grand écart impressionnant, il est vrai que si Minos renvoie des parties de lui en photos, comme on reconstitue un puzzle. Son image est fragmentée, sa personnalité est divisée, symbole de dissociation profonde ?

 

Minos prend en otage la famille de l'actrice et celle-ci, il découvre une chambre des amours, avec menottes et photographies très érotiques de Pamela, tout cela le met en colère, peut-être parce qu'elle est inaccessible, il ne se sent peut-être pas à la hauteur pour satisfaire une femme, nous somme en 75 et en pleine « libération sexuelle », tout était sexualisé, or, s'il est simple de mettre à la portée de tout le monde, du sexe, il faut aussi que les autres se laissent approcher, Valdeck a une prothèse repoussante, un œil de verre, les femmes n'en veulent pas, il n'est qu'un infirme.

 

Donc, il veut être vu, qu'on le remarque, pas en faisant un acte courageux, mais, un acte audacieux et négatif, car, la négativité attire les foules, les crimes ont toujours fait vendre du papier, la preuve, la nuée de journalistes qui empêchent la police et la gendarmerie de faire leur travail en sapant chaque occasion.

 

La presse est montrée comme une caste d'opportuniste, tant que cela fait vendre du papier et la critique est assez cruelle, bien avant, l'irruption de l'internet et des réseaux sociaux, ou tout se sait dans la minute, une réputation peut-être détruite en quelques instants.

 

Valdeck cible la pornographie et le non-respect des valeurs qui disparaissent peu-à-peu dans son monde, et bien entendu, le psychologue de service qui a la radio pratique une expertise sauvage de Minos, sans rien savoir de cet homme, tout en pointant du doigt les parents, la mère que l'on a été cherché dans son village et qui ne comprend pas ce qui se passe, Valdeck, l'enfant parfait, le gentil garçon devenu un monstre, critique facile et si c'était la société qui était monstrueuse et Valdeck incapable de s'y insérer ?

 

La aussi, le tout psychologique est pointé du doigt.

 

Si la presse et la psychologie sont critiquées, Henri Verneuil montre l'immense solitude de la vie dans ses ensembles gigantesques, froids et inhumains ou les gens se croisent sans se connaître, indifférents aux autres, le film commence dans une tour pour s'achever dans une tour, Nora tombe par la fenêtre, Letellier pénètre à son tour par une fenêtre.

 

Les gendarmes que vous verrez descendre de l'hélicoptère sont de vrais gendarmes, du GIGN. Un petit détail, quand, Belmondo descend le premier ou se trouve l'équipe qui le suit ?

 

L'affiche du film représente Belmondo vêtu du même pull noir à col roulé que porte Mcqueen dans Bullit, regardez bien le film, dans aucune scène, vous ne verrez Letellier habiller de cette manière.

 

Si Belmondo dans le Casse rendait hommage à la fameuse course-poursuite de Bullit, en 1980, Steve Mcqueen tournait dans son dernier film, le « chasseur » et la scène de cascade sur le métro s'inspire du film avec Belmondo.

 

Rendons hommage à Ennio Morricone et sa musique comme d'habitude très envoûtante.

 

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