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Objectif Média Web

L'HOMME AU MASQUE DE CIRE (1953)

30 Janvier 2018 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Cinéma Fantastique

 

Henry Jarrod (Vincent Price) et son associé ont monté un musée de statues de cire, dans le style du musée Grévin, mais en mieux, qui reprennent les grands personnages de l'histoire. Si le premier est obsédé par ses statues de cire à qui il a donné une apparence de vie, il est tout particulièrement attaché à l'une d'entre elle, celle de Marie-Antoinette, dont il est amoureux, le second aime l'argent, hélas, le musée ne rapporte pas assez, Jarrod a bien trouvé un mécène pour le financer, mais, celui-ci ne pourra pas investir l'argent tant attendu dans l'immédiat, l'associé cupide refuse d'attendre, il décide donc d'y mettre le feu pour toucher l'assurance.

Jarrod est très grièvement brûlé en voulant sauver ses œuvres, pourtant, dix ans plus tard, il réapparaît guéri plus tard, mais, en fauteuil roulant, poussé par Igor son assistant que vous reconnaîtrez sans aucun doute, il apparaît au générique sous son vrai nom Buchinsky, mais, deviendra en tant que Charles Bronson une grande star (vu aussi dans la série «La 4è dimension»), il jouera par la suite dans des tas de polars, westerns, pour se perdre plus tard dans les films sécuritaires.

Jarrod a décidé de revenir à ses premiers amours, il ouvre un nouveau musée de cire, avec une galerie consacrée à un thème bien particulier : crimes sanglants, exécutions et tortures, par ailleurs, il reconstitue à la perfection la pendaison de son ancien associé dans une cage d'ascenseur, le plus étrange, c'est que le corps avait au préalable disparu de la morgue et personne ne sait qui l'a volé et pourquoi.

Peu après l'ouverture du «musée» des crimes inexpliqués commencent à terroriser la population, des crimes que Jarrod représente d'une façon très réaliste dans son musée.

L'histoire prend un tour nouveau avec la venue d'un nouveau personnage, Sue, Sue est une jeune fille pauvre, elle vit dans un foyer pour jeunes filles ou elle devenue l'amie, de Cathy Gray, une jeune femme délurée qui cherche un riche protecteur, Sue qui est sa seule confidente, apprends par celle-ci qu'elle vient de rencontrer un homme plus âgé, séduisant et surtout riche, assez riche pour l'entretenir bien entendu, Sue est totalement différente, elle fréquente un jeune homme Scott Andrews qui vit avec sa mère, son fiancé a des mains d'or, car, son métier, c'est la sculpture et c'est grâce à cela qu'il est embauché par Jarrod, car, ses mains ne peuvent plus sculpter.

Cathy Gray parle avec enthousiasme de son nouveau flirt à Sue, un soir, elle sort, et lorsque Sue rentre au foyer, elle entend du bruit dans la chambre de son amie, dont elle découvre le corps, mais pas que, un homme vêtu de noir est penché au-dessus d'elle, Sue prend alors la fuite et l'homme la poursuit dans les rues embrumées de la ville, finalement, elle le met en fuite et part vivre chez son fiancé.

La suite ? Nous la connaissons tous, Sue visitera le musée et découvrira que la Jeanne d'Arc exposée, ressemble d'une façon trop flagrante à sa regrettée camarade Cathy, dont l'homme au masque de cire avait réussi à voler le corps, lors d'un second essai à la morgue.

Sue attirera le regard de Jarrod, car, elle ressemble à sa Marie-Antoinette, disparue dans les flammes

Le film est soigné, très bien réalisé, mais, André de Toth ne s'était pas trop cassé la tête, son film est le remake de celui de 1933, tourné par Michael Curtis. Bon, je vais spoilé, Jarrod est défiguré et porte un masque en cire, merci à celui qui a rebaptisé le film en spoilant d'avance la fin.

Un gentil héros policier le lieutenant Tom Brennan la sauvera d'une mort brûlante n'oubliez pas cette scène qui fit fantasmer tous les ados de l'époque, ou la frêle jeune fille est ficelée, nue dans une cuve, elle s'apprête à recevoir de la cire bouillante sur le corps, pas cool pour s'épiler, surtout pas pratique.

Vous noterez l'obsession Hollywood pour les difformités physiques, pour la laideur dissimulée, laideur synonyme de perversité.

Nous retrouvons cette obsession chez beaucoup de romanciers comme Gaston Leroux (le fantôme de l'opéra), Robert-louis Stevenson (Docteur Jeckyll et mister Hyde), Oscar Wilde (le portrait de Dorian Gray), cette histoire reprend le même thème, la dissimulation de sa véritable apparence, monstrueuse ou pas, c'est la folie de l'homme qui a perdu la gestion de son image, en perte de son identité, défiguré pour l'un, métamorphosé en un monstre assassin pour l'autre ou dissimulant sa véritable apparence, en fuyant son portrait pour le dernier.

Un individu qui n'a plus d'image perd le contact avec la société, il n'est plus qu'une ombre, un paria.

Vincent Price en Jarrod en est l'exemple parfait, un homme bon réduit à l'état d'infirme par la faute de l'argent roi, la cupidité lui a pris sa vie, d'un homme de bien devient un monstre se dissimulant sous un grand chapeau ou un masque de lui-même, un souvenir de ce qu'il était.

André de Toth qui ne manquait pas d'humour réalisa son film en 3D, comme je vous l'ai précisé au début, mais n'en n'apprécia pas la technique, car, il était borgne !!!! Comme quatre autres grands réalisateurs d' hollywood : Ford, Lang, Walsh et Ray.

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LES 7 MERCENAIRES (1960)

23 Janvier 2018 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Cinéma

Un des meilleurs westerns de tout le temps, les 7 mercenaires reste le film qui bien que vu et revu n’a jamais lassé le public.

 

John Sturges réalise là, l’un de ses meilleurs films avec l’incroyable « Un homme est passé » de 1955, ce qui lui vaudra l’unique nomination de sa carrière à l’oscar et permit au vieux routier Hollywood, Spencer Tracy d’obtenir le prix du meilleur interprète masculin à Cannes.

 

Sturges avait un palmarès incroyable, dont deux westerns prestigieux se détachent avec force, en 1957 « Règlement de comptes à OK Corral » et « Dernier train pour Gunhill » en 1959

 

L’histoire reprise de l’admirable film de Kurosawa « les 7 samouraïs », part du même postulat des paysans mexicains qui n’en peuvent plus d’être dépouillés par le bandit Calvera (Elli Wallach) et sa bande, décident en petit comité de passer la frontière pour acheter des armes et afin de se défendre.

 

Ils le font et arrivent dans une petite ville où ils remarquent deux représentants de commerce qui n’arrivent pas à faire enterrer la dépouille d’un homme, car, le mort était indien et la plupart des défunts sont blancs, le croque-mort ayant trop peur d’envoyer son corbillard jusqu’au cimetière au vu que l’opposition à cet enterrement est trop importante, c’est alors que Chris Adams (Yul Brynner) se propose d’amener la dépouille jusqu’à sa dernière demeure, un autre homme se joint à lui, Vin Tanner (Steve McQueen), c’est ainsi qu’ils font connaissance et vont jusqu’au bout de leur mission.

 

C’est là que les paysans décident de parler de leur situation à Chris et ils se rendent vite compte que d’acheter des armes serait inefficace, s’ils ne savent pas s’en servir, donc, Chris leur propose de louer les services d’hommes de main et c’est ainsi qu’ils vont coopter six autres hommes, tous différents, mais, tous prêts à en découdre, pour seulement 20 dollars, somme inférieure à ce qu’ils touchent pour leur service.

 

Ainsi, la troupe des 7 se constitue avec Bernard O’reilly (Charles Bronson), Britt (James Coburn), Lee (Robert Vaughn), Harry Luck (Brad Dexter), Chico (Horst Buchholz).

 

Ce sont tous des hommes d’expériences, sauf le jeune et flamboyant Chico qui lui compte bien devenir un de ces redoutables mercenaires sans vraiment comprendre les tenants et aboutissants d’une telle décision.

 

Il les suit, et finit par se faire accepter par eux, quand, ils constatent sa débrouillardise et sa ténacité, ils arrivent finalement dans ce petit village mexicain ou les gens sont si effrayés qu’il faut que Chico sonne la cloche de l’église pour les faire sortir de leur cachette, Chico les interpelle, en les traitant de poules mouillées, de craintifs, de pauvres paysans sans cervelles, car, lui aussi vient de la terre, c’était un fermier comme eux.

 

Les 7 sont bien accueillis, nourris, logés et blanchis, ils se rendent vite comptent que s’il y a des femmes, elles sont soit trop petites pour être intéressantes, soit bien trop âgées pour être séduisantes, c’est ainsi que Chico découvrira que par peur des mercenaires, les paysans ont caché les jeunes filles, la troupe de Calvera viole et tue, pourquoi eux, ces étrangers seraient-ils si différents ? Et comme le fait remarquer Chris, peut-être qu’ils les violeront ou pas, car, ils ne leur ont pas laissé le bénéfice du doute.

 

Après la première attaque surprise de Calvera, chacun découvre les failles des uns et des autres, Lee n’a plus du tout ses réflexes d’avant, il passe ses nuits à cauchemarder, les villageois le rassure du mieux qu’ils peuvent, mais, sa conscience le taraude, jamais, il ne dira ce qui s’est passé, mais, l’on suppose qu’il n’en peut plus de son existence. Britt, lui est un expert dans toutes les armes et ne se met en rivalité qu’avec lui-même. Harry Luck, le bien-nommé, court après un hypothétique trésor dont les paysans connaîtraient l’existence.

 

Quant à O’Reilly, il n’a pas oublié ses origines, il est à moitié mexicain avant d’être à moitié irlandais, il a pleinement conscience de la vie dure que mène les villageois, de leur lutte quotidienne, il les admire, car, ils ont des « responsabilités » et c’est encore plus dur à porter qu’une arme, c’est un homme bourru, mais, qui adore les enfants, il offre avec le sourire une flûte à une petite fille, lors de la fête que donne le village en l’honneur des mercenaires, les enfants le préfèrent et l’admirent.

 

Les 7 mercenaires finissent par s’attacher aux villageois à qui ils apprennent le rudiment des armes, la construction de piège contre la troupe de Calvera, des filets, de nouveaux murs, des tranchées.

 

Si les villageois apprennent auprès des 7 à se battre pour leur vie et leur famille, les villageois redonnent goût à la vraie vie au 6, car Chico, lui ne rêve que de sortir de sa condition de paysan, pour devenir un homme craint, un héros, sans entrave dans la vie, libre de tout ses mouvements, et c’est bien cela le problème dans une scène qui est restée célèbre, chaque mercenaire explique que leur but quotidien consiste à rester surtout en vie, que nul part, ils n’ont de chez eux, que personne ne les attend ailleurs, que le milieu dans lequel ils traînent sont peuplés des gens infréquentables, que la vie a bien peut de valeur, sauf, si elle est monnayable.

 

Là, ils dorment dans des draps propres, ils mangent à leur faim et peuvent pour la première fois depuis longtemps réfléchir à l’avenir. Chris le dit, puisqu’il pensait acheter du bétail et à s’installer quelque part.

 

On en oublierait presque le but de l’histoire, mettre fin aux agissements du bandit Calvera (Elli Wallach), Calvera un être cynique, cruel parce qu’il est entouré d’une bande toute dévouée à sa cause, un homme sans conscience, sans remords, qui ose prétendre que Dieu à créer des moutons, en l’occurrence les paysans, il faut quelqu’un qui les tondent.

 

Calvera est incapable de concevoir que des gens puissent prendre fait et cause pour les villageois qu’il méprise au point de les laisser mourir de faim, incapable de comprendre que Chris ne soit pas comme lui, car, pour Calvera, ces hommes ne peuvent être que comme lui, or à l’inverse, les 7 hommes sont payés pour leur service, alors que lui, c’est un voleur et un assassin, la chose est totalement différente, il essaie lors de son entretien avec Chris de négocier son départ, même de le faire travailler pour lui, mais, non, les 7 ne sont pas comme Calvera.

 

Les 7 mercenaires s’achèvent sur la destruction définitive de Calvera qui meurt, en se posant cette question qui n’aura jamais de réponse : pourquoi ces mercenaires ont fini par apprécier ces villageois, ces faibles ?

 

Sur les 7 mercenaires, ils n’en restent que 3, Lee ira jusqu’au bout, suicidaire, Britt et luck mourront dans le feu de l’action, O’Reilly périra par la faute des enfants qui n’ont rien compris, mais, rien compris du tout à sa mission.

 

Seuls s’en sortiront Chico qui lui restera avec la jeune femme dont il est tombé amoureux, on suppose qu’ils se marieront et auront des enfants, Vin et Chris s’éloignent ensemble vers l’horizon sous le regard chaleureux du fondateur du village, les villageois ont gagné, Chico redeviendra l’un des leurs, quant à nos deux héros, ils sauront que quelqu’un pense à eux et qu’il y a un endroit où ils pourront se réfugier en cas de besoin, et puis surtout, Vin et Chris sont devenus des amis, une chose importante et peut-être que tout les deux changeront de vie et qu’eux aussi auront l’envie de se poser, de fonder une famille.

 

Les 7 mercenaires est un film sur la rédemption, sur l’accomplissement du devoir, de l’honneur, oui, si la mort est rédemptrice pour certains d’entre eux, cette situation a permis à d’autres d’évoluer vers autre chose, de s’éloigner de la mort pour aller vers la vie.

 

Étrangement, la mort est très présente dans ce film, la mort du paysan au début, le cimetière de la ville américaine, le plan sur les tombes des mercenaires, l’église est vide, fermée, il manque le spirituel et le mariage de Chico et de la jeune fille rouvrira l’église, donc, c’est une ouverture vers la vie.

 

Il y a quelques anecdotes plutôt amusantes sur le film, l’acteur Elli Wallach détestait monter à cheval, il avouait qu’il ne pouvait dégainer sans regarder son arme, Wallach enviait la facilité avec laquelle Mcqueen ou Brynner utilisait le colt, le plus étonnant, c’est que les acteurs qui constituaient la troupe de Calvera considéraient Wallach comme leur chef, chaque matin, son « second » lui tendait ses colts et l’aidait à monter à cheval, et la troupe ne démarrait pas, tant que Wallach n’en donnait pas l’ordre.

 

Il y eut aussi une grande rivalité entre Mcqueen et Brynner, le premier qui avait débuté au cinéma, puis, avait explosé sur le petit écran dans la série devenue culte « Au nom de la loi », Mcqueen pour avoir le rôle de Vin, avait fait croire au studio qu’il avait eu un accident de la route, et que blesser, il ne pouvait plus tourner la série.

 

Vous pourrez remarquer que dans chaque scène Mcqueen faisait absolument tout pour attirer l’attention, il levait son chapeau, bougeait des branches, bref, il monopolisait l’attention en permanence, ce qui agaça prodigieusement Brynner, et c’est Horst Bucholz qui le racontait, Brynner décida alors que si Mcqueen continuait son cirque, lui, il lèverait systématiquement son couvre-chef, même si cela devenait ridicule, finalement, Mcqueen cessa, mais, continua de se plaindre que Brynner avait un plus grand cheval que lui.

 

L’œuvre de Sturges met souvent en scène un homme qui loin de son environnement familier se trouve confronté à une situation dérangeante, comme la découverte d’un crime (un homme est passé), faire éclater la vérité et punir les coupables (le dernier train pour Gunhill), prisonnier dans un autre pays (la grande évasion), être du mauvais côté de la barrière, mais, aider la justice (règlement de comptes à OK Corral), l’homme chez Sturges doit faire face à ses propres démons et à ceux des autres, le racisme est très présent chez Sturges, dans les deux premiers films cités plus haut, Calvera est d’une certaine manière la représentation du fascisme et du totalitarisme.

 

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PANDORA (1951)

16 Janvier 2018 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Cinéma Fantastique

Le film commence par deux corps repêchés par des marins espagnols un bon matin, celui d'un homme et d'une femme, main dans la main. Puis, la cloche de l’église sonne pour signaler l’horrible découverte, tout ceux qui connaissaient les défunts sont là, ainsi que le professeur Fielding (Harold Warrender), un archéologue, se souvient alors de cette citation, « La valeur d'un amour se mesure à ce que l'on consent à lui sacrifier », sans pour autant se rappeler le nom de son auteur.

 

Et voilà le début du film Pandora, devenu culte, film du très curieux Albert Lewin, premier film en couleur de la sublime Ava Gardner, merveilleuse de beauté et de talent, donc, allons y, Pandora, c'est l'amour à travers l'espace et le temps.

 

Bon, c'est l'histoire d'une jeune chanteuse américaine qui vit en Espagne dans un endroit drôlement classe, elle fréquente, avec d'autres compatriotes, dont on ignore par ailleurs les professions, une bodega où tu peux traîner en robe de soirée, parmi les marins et les gitans (pas cliché les gitans).

 

Un de ses amants poéte, Reggie Desmaret (Marius Goring) s'empoisonne pendant qu'elle joue du piano, tout en rêvant au grand amour, dit comme cela, c'est aussi très clicher, mais on s'en fiche, il claque et elle part pleurer chez elle, parce que Desmaret était cocu, oui, elle le trompait avec Stephen Cameron (Nigel Patrick), coureur automobile, bref, Janet (Sheila Sims), la nièce de l’archéologue, veut un soir lui remonter le moral, mais, mauvaise pioche, Pandora n'en a rien à battre du défunt et préfère partir en balade avec Cameron dont la pauvre Janet est secrètement éprise, vous voyez le truc ?

 

Et là, l'histoire commence vraiment, on s'aperçoit très rapidement que Pandora n'est pas gentille, aime la destruction et surtout celle des hommes, elle pousse Stephen à sacrifier son bolide en la jetant du haut d'une falaise et l'expression de joie malsaine qui éclaire le visage de Pandora est assez incroyable. Bon, ils ne rentreront pas à pied et Fielding les emmènera dans son vieux tacot, lui aussi est épris d'elle, mais, il se méfie des épines de la rose.

 

Et là dans la baie apparaît le voilier, celui du Hollandais volant, bon, spoiler, j'en ai le droit. « Au XVIIéme siècle, il a tué sa femme par jalousie, alors qu'elle était honnête, il a blasphémé et Dieu l'a puni en lui faisant parcourir les mers, ou tous les 7 ans, il rejoint le monde des vivants pour trouver une femme qui acceptera de mourir avec lui, Pandora est la réincarnation de sa femme et à cause de sa mort injuste, elle se venge des hommes ».

 

Pandora décide sur un coup de tête, de rendre visite au proprio du navire et s'en va sur la plage dans le plus simple appareil, rassurez vous, on ne voit rien, même pas un dos nu, à peine une jambe, voire une main et Hendrick Van der Zee l'attend et c'est l'impérial James Mason, attention, c'est l'effet « Swagg », il peint comme par hasard le portrait d'une femme ressemblant trait pour trait à l'héroïne, bien sûr, elle déteste la toile et détruit son image que notre héros transforme en tête d'oeuf, on remarquera que la toile est dans le style de Magritte (peintre belge, allez sur Wikipédia), rencontre providentielle.

 

Mais qui tient super bien la route, ils se fréquentent et de suite, Hendrick est fou d'elle et c'est réciproque, les scènes peuvent sembler longues, longues, très figées, mais on y trouve aussi des fulgurances, une mise en scène proche d'un univers à la Dali, des scènes cultes, l'arrivé coup de théâtre du matador Montalvo (Mario Cabré), ex amant de Pandora, bien entendu, le type est trop sur de lui et il vient réclamer la belle, face à Stephen Cameron, un Nigel Patrick parfait dans son rôle, drôle et surtout très humain, humble en opposition au vaniteux Montalvo, qui comprend bien vite que son rival n'est pas celui-ci, mais Hendrick,

 

Se succède la course automobile sur la plage, la fête qui finit en esclandre, la scène ou Pandora avoue son amour à Hendrick et celui-ci préfère renoncer à elle, plutôt que de la voir mourir avec lui, dans un clash assez violent, car, il apprécie Stephen Cameron, le fiancé officiel de celle-ci.

 

La mise à mort de Hendrick par Montalvo, sinistre, sans être gore, ou Hendrick le supplie de lui donner le « coup de grâce », la lumière vacillante, le tapis avec des motifs que l'on retrouvera dans le flash-back du film, poursuivons, Montalvo mourra lors de la corrida, lorsqu'il apercevra le défunt, bien vivant et présent, il avouera à demi-mot à Pandora ce meurtre inabouti.

 

L'étau se resserre et l'on porte plus attention à la passion entre Hendrick et Pandora, Hendrick émerveillé par exemple par la musique qu'elle joue tout en pensant à lui, il y a aussi du Hemingway dans le scénario, la vie facile, les fêtes, le sexe, l'alcool, les corridas, la violence subtile.

 

Lewin était un esthète pour le flash-back, on sent la patte d'un Vermeer, d’un Rembrandt (pas la marque de dentifrice, le peintre), une vision en 3D avec la dague dans la chambre de la femme, puis sur le sol de la cabine de Hendrick.

 

Pour finir le sacrifice de Pandora (qui n'en n'est pas un) que personne ne pouvait empêcher, l'amour par-delà la mort, l'amour à mort, le vrai peut-être ? L'amour ne disparaît jamais. Pandora devenu au fil du temps, un film sur la passion, inoubliable.

 

 

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LES 12 SALOPARDS (1967)

10 Janvier 2018 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Cinéma

Film de guerre devenu culte, copié par beaucoup, mais jamais égalé, les 12 salopards restera pour certains un bon film de guerre et pour d'autres un grand film antimilitariste, réalisé par Robert Aldrich.

 

Réalisateur un peu oublié qui réalisera 4 grands films : « Vera Cruz », « Bronco Apache » (premier film ou les Amérindiens sont montrés d'une manière positive), « En quatrième vitesse », polar très noir, « Le Grand Couteau », œuvre cruelle et mortifère sur le monde hollywoodien.

 

Puis, il ira se perdre dans les productions étrangères telles que : « Sodome et Gomorrhe » en collaboration avec Sergio Léone, avant de se reprendre et de tourner les 12 Salopards.

 

L'histoire est simple, 12 militaires ayant commis des crimes sur le sol britannique se voient proposer en échange de leur condamnation (à mort, perpétuité ou longues peines) une amnistie, mais, ils doivent pour cela effectuer une mission suicide en France.

 

Le film s'articule autour du Major Reisman (Lee Marvin), de sa relation tendue avec l'état-major et surtout avec les 12 salopards, Lee Marvin est dans son rôle extrêmement à l'aise et surtout d'une rare subtilité, lorsqu'il propose à 4 des salopards, la mission, son discours s'adapte à chacune des personnalités qu'il croise, on ne traite pas de la même manière Victor Franco (John Cassavetes), Jefferson (Jim Brown), Magott (Telly Savalas) ou Wladislaw (Charles Bronson),

 

Il prend plaisir à casser Victor Franco, truand de Chicago, grande gueule individualiste, lorsque celui-ci refuse d'obéir aux ordres lors de la première prise de contact dans la cour de la prison.

 

Reisman sait très bien que les 12 veulent surtout sa peau avant celle des allemands, donc, pour éviter d'être la première cible, il décide de créer une unité, un groupe en leur faisant construire leur baraquement et leur camp d'entraînement, il espère ainsi les amener à ne faire qu'un.

 

Et Franco ne tarde pas à devenir un peu la tête de Turc du groupe, par sa tentative ratée d'évasion où il met en péril la vie des autres, puisque si l'un d'entre eux s'évade, les autres purgeront immédiatement leurs peines ou seront exécutés, après une bonne correction que lui donne Jefferson et Wadislaw, Franco sera bien obligé de se calmer.

 

Le plus effrayant du groupe est quand même, Maggot, le rôle devait échouer à Georges Kennedy, mais, ce fut Telly Savalas qui en hérita et transforma son personnage de pervers sadique en un être dément se croyant investi d'une mission divine. Maggot ne supporte ni la présence des prostituées, ni que ses camarades ne soient pas condamnés, il s'exclut par la même du groupe, durant la mission, on peut le voir, qui erre l'air détacher à côté des autres, comme étranger à l'action dont il doit prendre part et c'est par sa faute que la mission rate, lors du meurtre de la femme dans le château qui sert de lieu de délassement aux officiers allemands, Maggot tentera même d'abattre ceux de son propre camp.

 

Si les autres salopards restent des ombres, des visages interchangeables, on remarquera deux acteurs aux jeux totalement différents, l'imposant Samson Posey (Clint Walker) et surtout, Vernon Pinkley (Donald Sutherland), Sutherland joue le rôle du nigaud de service et il le fait très bien, mais, là ou le talent de Sutherland éclate, c'est lorsque sale et débraillé, Reisman l'oblige à jouer les généraux, lors de la revue dans le régiment du Colonel Everett Dasher-Breed (Robert Ryan), officier dédaigneux et tellement sur de lui, que Reisman hait, car, il représente à ses yeux, le pire du pire des officiers, celui d'opérette.

 

C'était Clint Walker qui devait jouer cette scène, mais, incapable d'y mettre la distance nécessaire, ce fut Sutherland qui le fit au débotté.

 

La fanfare qui démarre tonitruante à chaque instant donne à cette scène un côté dérangeant, c'est l'armée qui est moquée, la revue par un Pinkley hilare et surtout, impertinent, loin de son image de grand nigaud qu'il traîne en permanence, met en avant Sutherland, incroyable aussi dans la scène de la cigarette ou déguisé en allemand, il est incapable de comprendre que le soldat veut du feu. C'est par ailleurs grâce à ces scènes que Sutherland fut choisi pour jouer dans M*A*S*H.

 

Notons la présence du seul salopard du groupe qui n'est ni un violeur, ni un voleur, encore moins un fou dangereux, Wadislaw alias Charles Bronson, déjà vu dans " La Grande Évasion ", Charles Bronson refusa tout d’abord le rôle et finit par l'accepter un peu contraint, ce qui explique son attitude taciturne tout au long du film, d'ailleurs, durant le tournage, il communiqua très peu aussi bien avec l'équipe technique qu'avec les autres comédiens.

 

C'est grâce à cela que Wadislaw est l’un des rares personnage « normal » du film, son refus de répondre au test psychologique avec Ralph Meeker en psy dépassé par les événements, Wadislaw est de ce fait, le seul « salopard » à survivre, il a tué son officier qui tentait de fuir sous la mitraille en abandonnant ses hommes derrière lui, la fin est justement hollywoodienne, la morale est sauve, il ne reste que trois survivants : Marvin, Jaeckel et Bronson.

 

Deux officiers de valeur et un « salopard » dont la rédemption était obligatoire, car, il rentrait dans le cadre de l'homme de devoir qui avait cru agir pour le bien de ses hommes, qui aurait pu espérer la survie d'un truand comme Victor Franco ?

 

On pourrait comparer le personnage que joue Marvin à celui de Wadislaw, Reisman n’est-il pas choqué par la pendaison du début ? Reisman n’est-il pas un homme en révolte contre sa hiérarchie ?

 

Ayant eu des problèmes d’insubordination ? Une simple pichenette aurait pu l’envoyer à la place de l’un des salopards, n’oublions pas la présence d’Ernest Borgnine, en général plus salopard que ceux qu’ils condamnent à une fin certaine, un homme totalement immoral, mais, pour gagner la guerre ne faut-il pas se comporter d’une façon aussi immorale que celle de l’adversaire.

 

Le héros se doit d'être politiquement correct, nous sommes vers la fin des années 60 et le monde change, plus tard, quelques réalisateurs mirent en avant des héros bien peu conventionnels, comme Arthur Penn et son oeuvre « Bonnie and Clyde », « Guet-apens » avec Steve Mcqueen les hors-la-loi contre la société ou la morale brutale et cynique de « Taxi Driver » de Scorcese, l'homme de bien ou plutôt l'homme qui suit son propre code de l'honneur, le héros n'est pas forcément celui que l'on croit.

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LE CLUB DES 27.

2 Janvier 2018 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Musiques

 

27, un chiffre anodin et pourtant, il ouvre la porte d'un club un peu particulier, celui des 27.

Le « Club des 27 » est constitué exclusivement de chanteurs et chanteuses, mais, qui ont tous un point commun et qui n’est pas le moindre, c'est d’être tous morts à l'âge de 27 ans.

Nous y voilà, la dernière personnalité à y être entrée bien malgré elle, c'est la grande Amy Winehouse en 2011, elle serait décédée d'un abus d'alcool.

Je sais, je commence par la fin, donc, commençons par le début et le premier a inauguré ce funeste club fut le chanteur de blues Robert Johnson. En 1938, il mourut brutalement, sur son acte de décès, aucune précision sur sa mort, on ne sait donc pas, s’il succomba des suites de la Syphilis, d'une pneumonie ou bien empoisonné par un mari jaloux.

Les légendes partent toujours d'une histoire bien réelle et souvent pas très glamour.

Mais, à ce que raconte la légende, Robert Johnson aurait rencontré en personne le Diable, au croisement de deux routes, il lui aurait vendu son âme en échange d’une grande agilité à la guitare, en fait, il avait emprunté cette histoire surnaturelle à un autre joueur de blues, Tommy Johnson.

En réalité, la vérité est toute autre, il aurait travaillé très dur pour devenir un as de son instrument, la plupart de ses chansons font par ailleurs référence au Diable, à la magie et au surnaturel.

Beaucoup de musiciens et groupes s'inspirèrent de lui, comme Led Zeppelin, Muddy Waters, Éric Clapton & les Rollings Stones, dont l'un des pères fondateurs Brian Jones devint le second membre du « Club des 27 », en se noyant dans sa piscine en 1969, sachez que l'enquête ouverte à l'époque est toujours d'actualité, l'accident comme le suicide ne furent pas prouvés, les autorités judiciaires pencheraient pour un meurtre, c'est donc un dossier non-classé.

 

Les honorables membres de ce « Club » sont les plus célèbres des artistes comme : Jimmy Hendrix (overdose), Janis Joplin (overdose) , Jim Morrison (crise cardiaque), Kurt Cobain (suicide par arme à feu).

Mais, il y en a de moins connus qui ont eu un sort tout aussi funeste et voici la liste non-exhaustive des défunts :

Alan Wilson (overdose)

Ria Bartok (incendie)

Les Harvey (électrocution sur scène)

Ron Mckernan (alcoolisme)

Dave Alexander (oedeme pulmonaire)

Peter Ham (pendaison)

Gary Thain (overdose)

Evangelina Sobredo Galanes (accident de voiture)

Chris Bell (accident de voiture)

Jacob Miller (accident de voiture)

D. Boon (accident de voiture)

Peter de Freitas (accident de moto)

Mia Zapata (violée et assassinée)

Kristen Pfaff (overdose)

Jeremy M.Ward (overdose)

Denis Wielmans (accident de voiture).

Tous morts à 27 ans, sombre malédiction ? Hasard ? J'ai remarqué, mais, là aussi, c'est tout simplement une coïncidence qu'il n'y a aucun décès en janvier et novembre, par contre, les autres mois oui, avec un pic en juillet avec 4 décès, suivi des mois de mars, mai et décembre avec 3 décès chacun. Les autres mois se contentant de 2 morts en moyenne, sauf février avec 1 décès, cela fait quand même un total de 23 morts.

Étrange ou pas ? Avez-vous un avis sur la question ? À vrai dire, je ne sais pas, disons que beaucoup de personnes meurent à 27 ans, dans toutes les professions sans que l'on y voit une quelconque malédiction, la plupart d'entre eux évoluaient vers la fin des années 60/70, l'usage des drogues étaient alors très populaires, la dope, c'était pour certains un fond de commerce très lucratif, la période hippie était propice à tout cela, combien de jeunes périrent d'overdose et pourquoi le talentueux et très perturbé Sid Vicious n'en fait pas parti ? Il est mort bien trop jeune ou trop vite.

Tout comme Eric Clapton, lui aussi amateur des drogues dures, pourquoi n'y est il pas entré ? Mick Jagger et bien d'autres non plus.

C'est un club inaccessible pour certains, on ne peut pas dire qu'il n'y ait que les talentueux, je dirais qu'il y a dans ce club que les moins chanceux des artistes, ceux qui brûlèrent leurs vies par les deux bouts, ceux qui comme n'importe quel quidam eurent des accidents de la route ou d'autres déboires inhérents à nous tous, pauvres mortels.

Pour finir, je n'oublierais jamais le clip d'Amy Winehouse « Back to Black », un clip en noir et blanc où on la voit se préparer pour un enterrement et c'est celui de son Coeur, j'avais eu lors du visionnage, une très mauvaise impression, j'y voyais sa propre mort, il était pourtant clair qu'elle ne vivrait pas très vieille, si elle continuait à ce rythme infernal, cela sentait l'angoisse, le désespoir, Amy donnait le vertige à l'instar de Janice.

Le Club des 27 ou un club de personnes qui n'étaient que des êtres humains et c'est tout.

 

 

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