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Objectif Média Web

PEUR SUR LA VILLE (1975)

7 Mars 2018 , Rédigé par Objectif Média Web Publié dans #Cinéma

Vous avez aimé le Casse ? Vous appréciez Belmondo ? Voici, l'un de ses plus grands films, Peur sur la ville.

 

Comme le Casse, Peur sur la ville est réalisé par Henri Verneuil, Belmondo y devient le commissaire Jean Letellier, un ancien de l'antigang, passé à la brigade judiciaire à la suite de son échec lors d'une intervention à interpellé Marcucci (Giovanni Cianfriglia), celui-ci bien qu'en fuite est toujours présent à l'esprit de Letellier.

 

Letellier n'est pas seul, il est accompagné de son collègue Moissac (Charles Denner), ils pistent Marcucci qui serait de retour dans la capitale.

 

Au même moment, dans une tour proche de la Défense, Nora Elmer (Léa Massari) est harcelée téléphoniquement par un maniaque qui connaît tout de sa vie, même lorsqu'elle a changé de numéro de téléphone pour lui échapper, car, il la harcèle depuis longtemps, elle qui vient de perdre son mari depuis peu, a aussi un amant et son harceleur le sait, il lui promet même de venir chez elle, elle prévient le gardien de l'immeuble, puis, la police, mais, sans obtenir l'aide qu'elle attendait, et lorsqu'un inconnu vient sonner à sa porte, elle fait une crise cardiaque, et tombe par la fenêtre ouverte.

 

Letellier est avec Moissac sur le lieu du drame, mais, il se sent peut concerner par cette affaire, lui l'ancien de l'antigang, son esprit est surtout préoccupé par l'ombre de Marcucci, seul son supérieur Sabin (Jean Martin) s'aperçoit rapidement que cette affaire en apparence anodine est peut-être bien plus grave qu'elle n'y paraît.

 

Ils s'intéressent de prêt à son amant Julio Cortes (Henri-Jacques Huet) qui n'est pas mêlé au décès de sa maîtresse, mais par contre, qui est bien un petit dealer, et pour sa survie, voyez le film, il balance ses copains.

 

Le maniaque contacte alors Letellier et se présente comme Minos, le juge des enfers dans la Divine comédie de Dante, Minos affirme être responsable de la mort de Nora Elmer et que bientôt, il fera régner la terreur, en condamnant à mort les femmes menant une vie trop libertine.

 

Donc, Letellier et Moissac doivent trouver toutes les femmes qui ont changé de numéro de téléphone et pourquoi, ils en trouvent deux, Germaine Loison (Rosy Varte) et Hélène Grammont (Catherine Morin), cette dernière travaille à l'hôpital et est la maîtresse d'un homme marié, en l'occurrence son chef de service, les deux policiers rencontrent un infirmier qui porte en permanence des lunettes de soleil, Pierre Valdeck (Adalberto Maria Merli), un très bon ami de la jeune femme qui lui avait conseillé de porter plainte.

 

C'est en revenant à leur voiture qu'ils s'aperçoivent que quelqu'un a glissé dans l'habitacle un paquet, en l'ouvrant, ils découvrent que c'est l'Enfer de Dante, donc, Minos les a suivi.

 

Ils se rendent chez l'autre harcelée, Germaine Loison, mais, celle-ci n'est pas seule, elle est avec le commissaire qui enquête sur Minos, ce qu'elle ne sait pas, c'est que c'est Minos en personne qui est devant elle, elle lui avoue sans malice que depuis son veuvage, elle s'envoie en l'air et qu'elle aime cela, ce qui provoquera la fureur de Minos qui l'étranglera dans sa cuisine.

 

Letellier monte chez Germaine et trouve la concierge sur le palier, celle-ci est très inquiète que madame Loison ne réponde pas, puisqu'elle lui avait demandé de lui ramener son chat, et Letellier comprend très vite que quelque chose ne va pas et pénètre dans l'appartement, pour découvrir le cadavre de Germaine, Minos en profite pour s'échapper par la porte ouverte et descend les escaliers, mais, manque de bol, tombe presque face à face devant Moissac, celui-ci reconnaît les godasses marrons de Minos, car, il avait renvoyé à Letellier un morceau d'une photo ou on ne voyait que ses pieds, Minos rebrousse chemin et Letellier se lance à sa poursuite sur les toits de Paris, Minos est armé grâce à sa victime, elle lui avait montré le revolver que son mari avait en sa possession et qui ne la quittait jamais, après une dangereuse cavalcade sur les toits, ils atterrissent aux Galeries Lafayette.

 

Mais, Minos perd sur l'un des toits, son œil de verre. Dont Letellier récupère les fragments.

 

Letellier aurait pu rattraper Minos qui fuyait sur sa moto, si les hommes du commissaire n'avait pas pisté en même temps Marcucci, la tentation étant trop forte, Letellier abandonne la poursuite après Minos et se rabat sur le bandit, mais, Marcucci est trop malin, il abandonne son véhicule et fuit par le métro.

 

Scène d'anthologie, ou Belmondo réalise une cascade incroyable, celle ou accroché sur un wagon du métropolitain, il traverse le pont de Bir-Hakeim, je n'ose pas imaginer le conducteur de la rame, on peut voir par ailleurs que dans la cabine, ils étaient trois. Finalement, il abat Marcucci qui par un ressort scénaristique tombe par une des portes du métro que le conducteur ouvre.

 

Voilà, Letellier est content, mais, pas ses supérieurs, Minos le balance à la presse et à la risée populaire, il marque un point, donc, notre ami le commissaire va protéger la seule femme encore en vie, Hélène Grammont, elle se met en danger en affirmant à Minos qu'elle va faire l'amour avec Letellier, tout les deux sont même attirés dans un piège, lorsqu'elle ira à l'hôpital pour une opération qui n'existe pas et finit étranglée par Minos, qui n'est d'autre que Pierre Valdeck, l'ami fidèle.

 

Letellier prend alors l'affaire beaucoup plus au sérieux et décide de réécouter les enregistrements des appels de Minos, celui-ci appelle d'une cabine située près d'une fête foraine, puis, lors d'un autre appel, il n'y a plus de bruits de manège. La fête foraine a donc déménagé. Il y aura un suspect, Julien Dallas (le très talentueux, Jean-françois Balmer).

 

C'est grâce à un briquet et à une déduction un peu tirée par les cheveux, que Letellier découvrira que Valdeck est Minos, que l'un est l'autre ne font qu'un.

 

Bon, voilà, grosso modo, l'intrigue,on aurait pu voir dans le rôle de Letellier, Steve Mcqueen, car, le film utilise bien le modèle standard américain, du suspens, des personnages crédibles, de l'action, de gros morceaux de bravoure, or, il y a quelques bémols à ce très bon film.

 

Par exemple, disons qu'il est quasiment impossible pour Valdeck, d'avoir le temps matériel de déposer l'Enfer de Dante dans la voiture des policiers, de remonter, de changer de tenue et enfin, de les rencontrer en présence d'Hélène.

 

En fait, on pourrait croire qu'ils sont deux, lorsque Pierre étrangle Germaine, on voit son reflet dans un miroir, pareil pour le meurtre d'Hélène, ou il claque la porte du vestiaire en voulant fuir son image monstrueuse, Valdeck est borgne, comme, c'est un fan de moto, on suppose que c'est à cause d'un accident, le comble, c'est que jamais Letellier ne pense à relever le modèle de la moto de Minos ou même sa plaque d'immatriculation et de vérifier auprès de l'entourage des victimes, si quelqu'un avait une moto du même modèle ?

 

Les trois victimes, Nora, Germaine et Hélène avaient un point commun, le mari de la première était décédé à l'hôpital, la seconde y avait été opérée, et la troisième y travaillait.

 

Toutes étaient rousses et toutes avaient un bouquet d'anémones chez elles, je vous conseille de prêter attention aux détails.

 

Le scénario aurait pu jouer sur deux frères, deux jumeaux, l'un borgne et jaloux, l'autre non.

 

Par ailleurs, Minos porte constamment des lunettes noires pour cacher son œil de verre, or, on peut constater que l'acteur a bien ses deux yeux, pourquoi ne pas jouer sur cela pour créer un double rôle ?

 

Et la relation trouble de Minos pour Letellier, Minos a remarqué celui-ci alors qu'il était présent devant l'immeuble de Nora Elmer, Letellier représente l'homme sur de lui, viril qui plaît aux femmes, mais, lui aussi est assez gêné par la relation de l'affaire avec la sexualité, il a ses propres failles.

 

Puis, le film sort des railles du film policier classique, Valdeck devient un terroriste en balançant des grenades devant un cinéma où on joue le film d'une star du porno, Pamela Sweet (Germana Carnacina).

 

Grand écart impressionnant, il est vrai que si Minos renvoie des parties de lui en photos, comme on reconstitue un puzzle. Son image est fragmentée, sa personnalité est divisée, symbole de dissociation profonde ?

 

Minos prend en otage la famille de l'actrice et celle-ci, il découvre une chambre des amours, avec menottes et photographies très érotiques de Pamela, tout cela le met en colère, peut-être parce qu'elle est inaccessible, il ne se sent peut-être pas à la hauteur pour satisfaire une femme, nous somme en 75 et en pleine « libération sexuelle », tout était sexualisé, or, s'il est simple de mettre à la portée de tout le monde, du sexe, il faut aussi que les autres se laissent approcher, Valdeck a une prothèse repoussante, un œil de verre, les femmes n'en veulent pas, il n'est qu'un infirme.

 

Donc, il veut être vu, qu'on le remarque, pas en faisant un acte courageux, mais, un acte audacieux et négatif, car, la négativité attire les foules, les crimes ont toujours fait vendre du papier, la preuve, la nuée de journalistes qui empêchent la police et la gendarmerie de faire leur travail en sapant chaque occasion.

 

La presse est montrée comme une caste d'opportuniste, tant que cela fait vendre du papier et la critique est assez cruelle, bien avant, l'irruption de l'internet et des réseaux sociaux, ou tout se sait dans la minute, une réputation peut-être détruite en quelques instants.

 

Valdeck cible la pornographie et le non-respect des valeurs qui disparaissent peu-à-peu dans son monde, et bien entendu, le psychologue de service qui a la radio pratique une expertise sauvage de Minos, sans rien savoir de cet homme, tout en pointant du doigt les parents, la mère que l'on a été cherché dans son village et qui ne comprend pas ce qui se passe, Valdeck, l'enfant parfait, le gentil garçon devenu un monstre, critique facile et si c'était la société qui était monstrueuse et Valdeck incapable de s'y insérer ?

 

La aussi, le tout psychologique est pointé du doigt.

 

Si la presse et la psychologie sont critiquées, Henri Verneuil montre l'immense solitude de la vie dans ses ensembles gigantesques, froids et inhumains ou les gens se croisent sans se connaître, indifférents aux autres, le film commence dans une tour pour s'achever dans une tour, Nora tombe par la fenêtre, Letellier pénètre à son tour par une fenêtre.

 

Les gendarmes que vous verrez descendre de l'hélicoptère sont de vrais gendarmes, du GIGN. Un petit détail, quand, Belmondo descend le premier ou se trouve l'équipe qui le suit ?

 

L'affiche du film représente Belmondo vêtu du même pull noir à col roulé que porte Mcqueen dans Bullit, regardez bien le film, dans aucune scène, vous ne verrez Letellier habiller de cette manière.

 

Si Belmondo dans le Casse rendait hommage à la fameuse course-poursuite de Bullit, en 1980, Steve Mcqueen tournait dans son dernier film, le « chasseur » et la scène de cascade sur le métro s'inspire du film avec Belmondo.

 

Rendons hommage à Ennio Morricone et sa musique comme d'habitude très envoûtante.

 

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