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Objectif Média Web

LE CAS ÉTRANGE DU DOCTEUR JEKYLL AND SISTER HYDE (1971)

20 Mars 2018 , Rédigé par Paul Bénédict Publié dans #Cinéma Fantastique

Qui ne connaît pas le chef d’œuvre de Robert-Louis Stevenson ? Qui ? Depuis les premières adaptations cinématographiques de cette œuvre qui connut quelques évolutions scénaristiques au cours des années, car l’œuvre originel est un court roman, un condensé de terreur subjective et objective par les différents témoignages, l'avoué Poole n'étant qu'un témoin indirect des faits commis par les deux protagonistes de l'histoire, Jekyll et Hyde.

 

Donc, nous ne sommes pas là pour faire une étude approfondie d'une œuvre aussi courte que fascinante, mais pour parler de ses différentes adaptations cinématographiques, aussi surprenantes qu'éloignées de la trame initiale.

 

Si Jerry Lewis eut l'excellente idée dans l'irrésistible docteur Jerry & Mister love, d'inverser les rôles et à la différence de l'histoire originel, ou Jekyll est un homme beau et vertueux, et Hyde est hideux et malfaisant.

 

Le double maléfique du malchanceux chercheur et un homme aussi séduisant qu'il est arrogant, Lewis se donnant là le beau rôle à l'inverse de ses rôles habituels de gaffeur, c'est une vision intéressante que le mal est parfois, voir souvent très séduisant, par rapport au bien qui n'est que fadeur et donc politiquement correct.

 

Donc, un beau matin, les studios de la Hammer se décidèrent après avoir beaucoup réfléchi de rendre l'histoire encore plus transcendante, ils allèrent donc là ou personne n'avait encore été, donc, le producteur, réalisateur, ainsi que le scénariste nous concoctèrent un docteur Jekyll & sister Hyde !!!!!!

 

La Hammer n'étant plus ce qu'elle avait été, la vogue de ces films déclinant, il fallait vaille que vaille assurer et là, ils se déchaînèrent, oui, Jekyll serait un homme beau et séduisant et son alter ego serait une femme aussi belle que dangereuse, si l'acteur était Ralph Bates, Hyde serait Martine Beswick, actrice connue pour son rôle de Paula dans Opération Tonnerre, nous avons dès le départ la scène habituelle de transformation où par un simple mouvement de caméra Jekyll devient Hyde.

 

Il est vrai que Martine nous démontre très rapidement qu'elle est vraiment une femme, une bonne scène de nudité du meilleur aloi, au cas ou nous n'aurions pas compris, merci les années 70.

 

Le scénario du brillant Brian Clemens (qui ne le connaît pas Chapeau melon et bottes de cuir) mélange avec habileté l'histoire de jack l'éventreur et celle de Burke et Hare, le premier ne fut jamais arrêté, les deux autres fournissaient en cadavres un médecin peu regardant pour pratiquer ses recherches médicales, au début, ils pillaient les tombes et puis en mal de matière première, ils n'hésitèrent pas à tuer les gens des bas quartiers d’Édimbourg en Écosse.

 

Donc, sister Hyde n'existe que parce que Jekyll s'injecte des hormones féminines provenant des jeunes femmes tuées par des complices (il tue aussi ne vous inquiétez pas), car, les femmes sont censées vivre plus longtemps que les hommes.

 

En effet, Clemens fonce dans les clichés et les pulvérisent, pourquoi une femme ne pourrait pas être un assassin, un être malfaisant comme dans l'histoire de base, le côté maléfique prend le pas sur la personnalité bénéfique du médecin, or, le Jekyll du film n'est pas non-plus quelqu'un de bienfaisant.

 

Là, son côté féminin devient prépondérant et Jekyll commence à s'intéresser à un autre personnage masculin du film, l'acteur Lewis Fiander, très dans le second degré ce qui donne un côté gay, franchement irrévérencieux au film sans jamais tomber dans le vulgaire ou le pathétique.

 

Jekyll fait passer Hyde pour sa jeune sœur récemment veuve, en tant que femme, il découvre son goût pour le sang, le sexe, il peut enfin connaître le désir pour un homme à travers le regard d'une femme et le désir des hommes sur sa merveilleuse apparence si sensuelle, les deux comédiens se ressemblant assez, l'effet est assez réussi, de plus, un autre duo, Howard Spencer et sa jeune soeur Susan sont amoureux pour le premier de miss Hyde et l'autre de Jekyll, qui ne sont en fait qu'une seule et même personne, on va plus loin, on parle de transsexualité, de bisexualité très poussée.

 

Jekyll devient amoureux d' Howard parce que Hyde en est éprise, n'avons nous pas au fond de nous, de chacun de nous, un côté masculin et féminin ?

 

Et si Hyde n'était que la partie immergée de Jekyll, une envie profonde, mais jamais vécue d'attirance envers son propre sexe, il tue, elle tue aussi, avers et revers d'une même pièce, l'un ne pouvant combattre l'autre, jalousie de Jekyll pour les prostituées qui se font prendre par des hommes, désir qu'il ne peut vivre sans perdre son statut social et celui d'homme viril.

 

Bien entendu, l'histoire se termine mal, nous n'oublierons jamais Martine Beswick en éblouissante femme écarlate, ce qui est clairement établi par ses tenues, Caroline Munro, refusa le rôle, car, elle craignait les scènes de nues.

 

Bonne réalisation de Roy Ward Baker, scénario parfait de Brian Clemens, bons comédiens, une très bonne révélation, docteur Jekyll and sister Hyde !!!

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